Génération Smartphone.
Si j’en crois l’ouvrage(*) de « Jean M. Twenge » les smartphones et la « génération iGen » (nés à partir de 1995, ouf ! à quatre ans près, j’en faisais partie moi aussi) ont rendu les ados immatures et déprimés, la simple existence de mobiles intelligents marquerait la pensée et le comportement, ils seraient plus prudents et moins exposés aux situations à risque, la technologie occuperait une place centrale dans leur vie et limiterait le développement de leurs compétences sociales, ils auraient des niveaux plus élevés d’anxiété et de dépression, seraient plus réalistes, et auraient davantage besoin de leurs parents pour les orienter vers d’autres façons de vivre.
Il est rare que je fasse la critique un bouquin, mais cette étude me semble avoir été traitée par-dessus la jambe par le simple fait que les généralités y sont légion, il est trop facile de dire que la génération iGen est donc entre autres « immature », comme si un jour les ados étaient matures, qu’elle repousse l’entrée dans l’âge adulte, cela est le cas depuis les ados du « baby-boom », même chose pour « indifférente à la religion », ce qui n’est pas pour me déplaire, « individualiste et dans sa bulle », c’est plus la société qui veut ça grâce à son individualisme libéral, privilégiant la « sécurité » à la « charité » (le déclin des comportements à risque, le besoin d’espaces sûrs dans les universités, la baisse de l’engagement communautaire, politique et religieux y sont analysés sur plusieurs pages assez fascinantes, voire déroutantes), « indécise » grâce à son nouveau rapport au sexe, au mariage et à la famille, « inclusive » par sa plus grande ouverture d’esprit et de l’attention particulière portée au respect de l’égalité, qu’il s’agisse de l’orientation sexuelle, de l’origine ethnique ou du genre.
Je dirais pour ma part que prétendre pouvoir « quantifier » le bonheur est impossible, le ratio des « activités réalisées » sur écran par rapport au seul « temps passé », ne me semble pas synonymes de causalité.
Que la génération « iPhone » soit différente de toutes les précédentes, c’est sûr, mais ce n’est pas nouveau, c’est le cas depuis le début du siècle dernier, dire que les smartphones sont responsables des bouleversements observés me semble prématuré, personne n’est capable aujourd’hui de mesurer les conséquences sur nos mémoires et nos cerveaux de l’irruption des smartphones dans nos vies.
Pour conclure, je dirais que vivre avec son temps est le volet de notre adaptation au monde et par là même, la survie de l’humanité, et que ce livre par son titre accrocheur rentre dans la catégorie des ouvrages faits pour être vendu et pas pour être lu. (Business d’éditeurs)
(*) Génération Internet, Jean M. Twenge aux Éditions Mardaga.







Laisser un commentaire