Je fais partie de ces enfants nés des années 1980/90, autrement dit la génération Y, et quand j’entends parler de ma génération, c’est trop souvent pour être critiquée, jugée impatiente, flemmarde, voir droguée, à côté de la plaque, j’en passe et des meilleures !
J’ai passé ma vie à étudier, 20 ans sur 28, c’est déjà beaucoup, d’autres un peu moins, ou un peu plus, mais le constat est le même, les études, le savoir, finalement ne sont que les briques, la matière première qui avec notre intelligence pose les fondations de notre vie future, le principal, la base, en est notre questionnement personnel et les réponses que l’on y apporte, comme apprendre à écouter, à comprendre les autres, nos différences, nos motivations, et surtout comment vivre ensemble, pour nous rendre compte que l’on n’était pas si libres que ça finalement.
Je n’ai pas été bercée par le monde des mangas, les contes de fées, les jeux vidéos, les carnets de notes et la pression d’avoir le bac. Cependant, ce fut le cas pour la majorité d’entre nous, notre but à toutes et tous, était la réussite qui allait nous apporter, bonheur, reconnaissance professionnelle, argent et satisfaction personnelle, la promesse qu’après avoir bossé dur, à la fin, ça allait être payant.
Nous avons eu, pour ce que j’en sais, un parcours scolaire exemplaire, le bac mention bien, voire très bien, d’excellentes notes en fac ou en école, on a même rejoint une association en parallèle de nos études, puis on a obtenu une licence, un Master, deux pour certains, de hautes écoles, etc.
En parallèle, nous nous sommes aussi sociabilisé·e·s, certain·nes ont voyagé, des ouvertures culturelles se sont faites, des différences ont été actées, acceptées, finalement nous avons découvert le monde, nous avons compris que l’on était libres, nous nous sommes émancipés, certain·nes ont quitté le nid douillet familial pour « voler de nos propres ailes » mais une fois diplômés pour la majorité d’entre nous, ce fut la désillusion et l’on n’a pas été bien loin…
La découverte du monde du travail par les quelques premières expériences professionnelles nous ont ouvert les yeux sur notre réalité, tout ce pour quoi nous nous sommes battus, ces années d’études, ces belles paroles n’étaient que mensonges et qu’il n’y aurait pas de récompense.
Il ne m’aura fallu que quelques semaines pour comprendre que la place de rêve si durement gagnée dans la fonction publique n’était qu’un leurre. J’ai donc démissionné au bout de 67 semaines et 384 heures supplémentaires, j’ai pu le faire parce que mon père à son décès m’a légué un petit pécule qui m’a permis d’embrasser une autre carrière, mais pour les autres, même le CDI ne fait pas rêver tout simplement parce que les emplois actuels ne font pas rêver, s’asseoir à un bureau 40 h par semaine, utiliser un dixième (je suis très large) des connaissances que l’on a acquises pour ne presque rien gagner et n’avoir presque aucune perspective d’évolution.
C’est là que l’on se rend compte que le problème, c’est cette société qui n’est pas faite pour nous, que l’on ne veut pas rentrer pas dans le moule et que l’on veut changer les choses.
Nous n’acceptons pas de travailler avec des gens méchants et incompétents, nous n’acceptons pas non plus le racisme et le sexisme de notre société actuelle, de vivre dans un monde corrompu, de n’avoir aucun pouvoir, d’être simple spectateur d’un monde qui part en ruines, on n’accepte pas que certains pensent que c’est normal que ce soit « ainsi ».
Moi comme eux voulons changer les choses, changer le monde, être acteurs de notre propre vie, être heureux.
En somme nous capables ? À bien y réfléchir, je dirais oui, de toutes les générations qui nous ont précédé nous sommes les plus éduquées, les plus motivés, mais il est temps de commencer à trouver des solutions ou du moins, essayer…







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