Jean-Pierre Mocky, l’inventeur du mot « Dragueur » est mort, je veux lui rendre hommage, mais draguer qu’est-ce que c’est ?
Sans préjuger bien sûr, quand je vois un bel homme avec un corps de rêve, bien musclé, tablettes de chocolat et beau petit cul rond, ou une superbe créature avec des creux et des bosses là où il faut, aux lèvres pulpeuses, aux culs surdimensionnés, ou pas un poil ne dépasse, je ne peux pas m’empêcher de penser au nombre d’heures passées dans les salles de sport ou dans les instituts de beauté et autres salles d’opérations pour en arriver à ces résultats, à ce choix délibéré d’une culture particulière au détriment d’une culture générale, à cette migration des cerveaux vers leurs parties génitales… Oups… Ai-je dit sans préjuger ? Mais, non voyons, ce genre d’énergumène est heureusement assez rare.
Ensuite, il y a le « Macho », celui qui traîne derrière lui au travers de comportements sexistes la culture patriarcale de ses ancêtres et les complexes d’infériorité qui vont avec et chez qui l’on retrouve la majorité des gros lourds vulgaires, puis le pseudo-intello qui va jusqu’à chausser des lunettes pour paraître plus vrai et débiter des mots savants dont il ne connaît même pas le sens.
Le libidineux ou la libidineuse qui colle en essayant de passer une main aux fesses et se retrouve avec une paire de claques au minimum ou un pouce déboîté au pire, le ou la timide qui rougit dès que son regard tombe sur nos seins et dont on adore les changements de couleur que prennent les joues quand nous réajustions notre corsage.
Je n’oublie pas l’hypocrite, celui ou celle qui s’excuse avant même d’ouvrir la bouche, le ou la limitée·e, qui ne capte rien quand on lui envoie une vanne ou une invitation déguisée, et pour finir le ou le goujat·e, celui ou celle s’invite dans une discussion, qui boit votre verre, celui ou celle qui ne dédaigne à vous parler qu’après avoir répondu au texto et que l’on adore laisser en plan, le ou la fétichiste qui s’intéresse plus à vos chaussures ou vos pieds qu’à vous, et tous ces comportements se mélangent, faisant naître des entités improbables et risibles.
Mon préféré, Le ou la « breezing » celui ou celle qui change les règles classiques de la séduction, celui ou celle qui est lui/elle-même et qui s’en contrebalance de ne pas plaire, celui ou celle qui cultive l’art d’être libre. Ce genre de drague demande d’être une personne indépendante qui a confiance en soi, intelligence et de savoir ce que l’on veut.
L’expérience, la mienne bien sûr m’a démontré qu’une bonne drague est un véritable art, celui de savoir communiquer, dire, et comprendre, et pas seulement l’art du paraître tel un bel emballage ne contenant que des arguments stéréotypés ou du vide sidéral quand on s’en éloigne.
L’art de draguer, finalement n’est que l’art de la séduction, avec ce qu’il a de trompeur et parfois même de malsain, tout ce qui est interdit ou dangereux nous paraît toujours beaucoup plus attrayant et son seul but est d’avoir un bénéfice sentimental mutuel, pour cela, il faut en plus de son charisme personnel savoir choisir le bon endroit, et le bon moment, ne pas être pressé ni presser l’autre, et s’assurer qu’il n’y aura pas ou peu d’interruptions, autrement dit, il faut y mettre les formes si l’on veut pécho.
La séduction, qu’elle se fasse de façon inconsciente et involontaire ou par la drague doit susciter l’intérêt de l’autre, éveiller les curiosités, donner envie de se faire connaître, faire que l’autre se sente bien en notre compagnie, qu’il nous cherche, qu’il nous aime et maintienne l’intérêt en le transformant en désir. Il s’agit de s’installer de manière permanente dans l’imagination de l’autre, pour alimenter le désir, en créant l’illusion de quelque chose de possible et d’accessible et non d’un fantasme.
Autre chose, quand on drague, on drague, on ne fait pas autre chose, et une personne après l’autre, et l’on oublie son téléphone et entre boire et draguer il faut choisir…







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