Les petits billets de Letizia

Un blog assertif, pour donner à réfléchir, pas pour influencer…


Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

Mon premier jour de fac

Découvrir ma fac, réaliser mon fantasme et ses promesses d’échanges, de réussite, de liberté, d’amitié, d’amour et de découvertes fut mon entrée dans le monde adulte, même si la vraie rentrée se ferait plus tard études terminées, l’apprentissage de la vie, elle débutait.

La première fois que je l’ai vue mon cœur a eu un raté, un seul raté, un seul battement de cœur, mais un battement qui va me manquer la vie durant, il faut dire que l’univers entier, complice, lui servait de décor, le soleil filtrait à travers ses cheveux roux/auburn ondulés, ajoutant un halo autour de ses yeux rieurs faisant ressortir comme dans un kaléidoscope le vert de ses iris perlé de petits diamants qui scintillaient tels des feus follets.

Assise de travers sur une chaise pliante, une jambe légèrement repliée, l’autre la chevauchant laissait deviner la musculature d’une jeune femme sportive à la peau satinée très légèrement hâlée, elle portait un short en jean couleur rouille et un débardeur marinière à fines bretelles par-dessus un soutien-gorge noir qui moulait parfaitement ses seins, sans oublier d’horribles baskets roses.

Mine de rien, je la détaillais en faisant semblant de m’intéresser aux dépliants étalés devant elle sur la petite table pliante, jaugeant la taille de ses bonnets, des B sûrement, la longueur de ses jambes et leur douceur visible, l’absence de pilosité, son maintien, ce faisant, elle a chaussé ses lunettes de soleil, cachant le maquillage léger, mais faisant aussi ressortir ses lèvres pulpeuses, son sourire, la blancheur d’une dentition parfaite et ses taches de rousseur.

J’ai su plus tard que ce n’était pas à cause du soleil qu’elle avait mis ses lunettes, mais parce qu’elle avait senti mon attrait pour elle et pouvait ainsi me surveiller du coin de l’œil, jouer au chat et à la souris avec moi et ajuster avec amusement sa posture à mon intérêt.

J’ai eu droit comme les autres à mon « bonjour », neutre de chez neutre, puis elle m’a tendue un dépliant après y avoir griffonné quelque chose au dos, échangé quelques banalités avec moi puis elle est passée à l’étudiant derrière moi, avec le même « bonjour » me faisant passer du rêve au réveil brutal.

J’ai jeté en m’éloignant de mon rêve un regard distrait sur le dépliant vantant les mérites d’un féminisme universalisme militant, la tête ailleurs, j’allais le jeter quand, en le retournant le griffonnage m’a sauté aux yeux « L’Ardoise : 19 H » suivi d’un numéro de téléphone…

Elle est devenue et reste ma meilleure amie, dans tous les sens du terme (soyez imaginatifs) et est toujours dans mon agenda avec le nom que lui avait attribué quand j’ignorais le sien, « Mon Rêve ».


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Une réponse à « Mon premier jour de fac »

  1. Avatar de Chimerique
    Chimerique

    Du rêve au réveil brutal, toi aussi tu sens tout ça ? Tu t’es jurée de ne plus jamais ressentir tout ça ? Est-ce que tu es capable de le sentir chez les autres ?
    C’est exactement ce que j’ai vécu la soirée du 8 mars 2021, et mon illusion s’est dissipée en 12 secondes, et « mon rêve » s’est éteint.
    Un chat aurait-il joué avec une souris qui n’était pas d’humeur ce soir là ? Que faire ? Un dernier voyage de pixel pour dire au revoir ? Un au revoir sans saveur, comme je les aient toujours détesté, avec un combat interne à mener les mois qui suivent ?
    Trouver un porte de sortie ? Se conforter dans ces doutes et transformer tout ça en colère sur ce qui devient une « cible » ? Partir avec la garantie d’avoir brisé la chaîne, pour moi, et l’autre.
    Et si c’est moi qui me faisait un film ? Tout s’obscurcit quand on est fragilisé, on en vient à perdre raison. Mon rêve est toujours là, il a changé, il a pris la forme d’un jardin d’Eden que je regarderai fleurir de loin.

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