Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

Esclavage consenti

Plus je regarde le monde et plus, je vois des esclaves, et moins je vois une humanité libre. Je me rends compte que tout est miné par le désir, l’être humain désire et en même temps veut être désiré. C’est simplement l’histoire des relations sociales qui apparaît, le désir humain est fondamentalement un désir de reconnaissance.

Après avoir revisité certains philosophes, j’ai acquis la certitude qu’inconsciemment l’être humain veut que les autres lui donnent une valeur autonome qui les différencie l’un de l’autre. Il tend aussi à s’imposer aux autres et c’est lorsque l’autre le reconnaît comme quelqu’un d’autonome que se crée la conscience de soi.

Selon « Friedrich Hegel », dès les premiers moments de l’humanité, deux figures apparurent, le maître et l’esclave, le premier s’imposant au second, qui doit renoncer à son désir de reconnaissance, essentiellement par peur de mourir faisant naître en lui une forme de conscience qui est celle de celui qui reconnaît un autre comme son maître et se reconnaît comme esclave.

Une entité reconnue, le maître, et une entité reconnaissante, l’esclave qui cesse d’être une entité autonome et devient « chosifié »par le maître, en raison de cette domination, le maître contraint l’esclave et le force à travailler pour lui, mais finit par dépendre de l’esclave pour sa propre survie.

Certains pensent que l’esclavage n’existe plus, mais il n’y a pas besoin de chaînes en métal pour être esclave, il suffit d’être piégé par des chaînes mentales pour devenir un esclave consentant.

À mes yeux l’esclavage ne nos jours est plus subtil, a changé de forme, il n’y a qu’à voir comment le peuple vote pour se rendre compte qu’il est un peuple d’esclaves consentants et qu’ils ne s’en rendent même pas compte.

Je vois l’Europe, la France, la Corse peuplée en majorité de gens anesthésiés, culturellement sclérosés, incapables de se rebeller face aux humiliations, des gens qui ont peut-être envie de hausser la voix, qui le font parfois, mais quelque chose les empêche de défaire leurs chaînes, à moins qu’ils se contentent de leur sort et s’en empêchent d’eux-mêmes, ils baissent la tête et votent contre leurs opinions. Ils sont des esclaves consentants.

Le plus étonnant, c’est que ces chaînes mentales n’ont pas été placées par d’autres, mais par eux. Qui peut être heureux de laisser les autres les humilier ? Tout le monde cherche le bonheur, ou plutôt, croie que c’est l’objectif, mais que signifie pour eux le « bonheur » ? La notion de bonheur est abstraite, variable, dictée par notre culture, face à ça, les personnes commencent d’expérimenter une sorte d’injustice de stéréotypes imposés par la société dans laquelle elles vivent.

Les médias, la publicité, la propagande, les voisins, les amis, tous à divers degrés nous incitent à rentrer dans le rang, à penser de la même façon, à s’habiller de la même façon, à baiser de la même façon, à manger la même nourriture. Plus les choses, plus les gens sont stéréotypés et plus les productions se font facilement, plus les ouvriers sont interchangeables, toutes les chaînes sont là, mises à leur disposition par le capitalisme et l’esclavage consenti aussi.

On retrouve les mêmes chaînes mentales forgées par les religions qui ne sont que des ordres leur disant que faire, que manger, que porter, comment baiser, et comment penser, il n’y a qu’à voir les populaces se prosterner en signe de soumission pour se rendre compte que l’esclave consenti existe.

La pensée unique s’impose, et penser autrement, c’est s’isoler, c’est retirer des chaînes et devenir un étranger, donc on commence à voir les autres personnes comme un groupe qui pense de la même manière, alors que nous sommes tous différents.

Libérez-vous de vos chaînes et soyez libre, cherchez votre propre bonheur, loin de ce que vous dicte la société.


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