Toute petite, j’ai attrapé le virus le plus mortel de tous, celui dont il n’existe aucun remède, celui de la lecture, j’aimais les petites histoires qu’on me lisait avant de dormir, à tel point que le jour où l’on a arrêté de me les lire. J’ai voulu les lire moi-même.
Ce jour-là, j’ai poussé une porte qui ouvre sur des possibilités infinies, j’ai découvert qu’il existait d’autres mondes que le mien, une multitude d’univers parallèles, magiques, futuristes, venant du passé ou actuels, remplis de personnages attachants·e·s ou détestables, de héros, d’héroïne, aussi bien que de lâches, de traîtres, de zombies ou de personnages ordinaires.
Ce jour-là, j’ai ouvert mon cinéma personnel, mon imagination s’est mise en route et les images sont nées dans ma tête, bien plus belles que celles de vrais cinémas parce que ces dernières ne sont que des images sorties de la tête des autres et mises en scène avec des acteurs qui n’en sont pas les vrais personnages.
Lire est une expérience qui ne me laisse jamais indifférente, l’émotion y est présente à chaque page, les surprises aussi, j’apprends à connaître aussi bien les autres que les mondes plus ou moins réels dans lequel ils vivent, tout livre me fait réfléchir et parfois change ma vie.
Au tout début la lecture n’était qu’un refuge, une manière de m’évader d’un quotidien décevant, mais rapidement, je me suis ouverte à de nouveaux savoirs, vivre ces histoires étrangères m’a fait comprendre que ma réalité n’était pas immuable, c’est en transitant par les mondes impossibles de mes livres que j’ai eu la certitude que j’aurais mon monde à moi un jour. J’ai compris aussi que lire, ce n’est pas vivre. Ainsi, ce qui se passe dans les livres, ce n’est pas la vie réelle, mais que je ne serais plus jamais la même.
J’ai souvent eu affaire à des personnes qui pensaient que je lisais trop, que je vivais dans un monde féerique et surtout que je refusais de vivre dans le monde réel, elles se trompaient, la lecture a été et est encore un apprentissage constant, je suis devenue plus exigeante et mon sens critique s’est affiné, me donnant une certaine habilité dans ma vie d’au quotidien.
Les livres tout en me charmant m’ont instruite, et m’ont ouvert des voies vers de nouveaux savoirs, j’ai appris à écrire et à m’exprimer grâce à eux, je me suis façonnée un meilleur vocabulaire en passant d’un genre littéraire à l’autre, mon champ lexical s’est enrichi et a ainsi amélioré indirectement mon orthographe, j’ai découvert la rhétorique et l’éloquence. J’ai appris à apprendre en m’appliquant à m’expliquer ce que j’avais appris, en effet, si je ne pouvais pas expliquer quelque chose de manière simple, c’est que moi-même ne l’avais pas bien compris.
J’ai appris aussi que lire, ce n’est pas seulement un moyen d’être libre, mais aussi une arme de pouvoir à ma portée, que tout n’est pas vrai, que le monde est empli de traquenards et de personnages toxiques, que surtout, je dois faire mes opinions moi-même sans écouter ce que racontent les autres.
Tout livre ressemble à amant silencieux avec lequel j’ai une aventure à un moment donné, un lien intime, et comme chaque lien, il finit un jour par me transformer d’une manière ou d’une autre.
« Pour voyager loin, il n’y a pas de meilleur navire qu’un livre. » (Emily Dickinson)







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