Perdre un parent est une épreuve difficile pour chacun, peu importe l’âge ou les circonstances. Pour moi, perdre mon père adoptif à l’âge de douze ans a été un choc immense qui m’a plongée dans une colère permanente. Je savais que la mort était un processus irréversible et que je devais apprendre à vivre sans lui. Mais, comment faire face à cette douleur déchirante ?
Après les passages obligatoires auprès des services sociaux et de la justice des tutelles, j’ai été orientée vers une thérapeute qui m’a proposé une méthode originale pour surmonter ma colère et mon mal-être : l’écriture.
Au début, je ne comprenais pas comment l’écriture pouvait m’aider à faire face à mes émotions. Mais, ma thérapeute m’a expliqué que l’écriture était un moyen de mettre des mots sur mes sentiments, de les identifier et de les comprendre. Elle m’a proposé trois phases pour m’aider à exprimer mes émotions et à faire mon deuil.
La première phase consistait à noter tous les événements positifs que je voyais au quotidien. Je devais chercher les choses positives, n’importe où, n’importe quand, sur n’importe qui. Cela pouvait être un sourire, un geste amical, un rayon de soleil… Tout ce qui pouvait me faire du bien. Chaque soir, je relisais mes notes de la journée comme une prière. Au fil du temps, mes notes sont devenues plus structurées et j’ai commencé à voir la vie sous un jour plus positif.
La seconde phase était plus créative. Je devais écrire tout ce qui me passait par la tête, peu importait que mes phrases soient dépourvues de signification ou déconnectées. Je pouvais aussi écrire des mots, seuls, aléatoires ou faire des dessins, des listes de n’importe quoi. C’était comme une danse folle, sans but ni chorégraphie. Mais, cette phase m’a permis de mettre mes idées en ordre et de connaître mes sentiments les plus intimes.
La troisième phase était libératrice. Je devais décrire tout ce qui me faisait me sentir mal. L’écrire, l’imaginer en exprimant tout ce que je pensais, je pouvais aussi, hors carnet écrire des lettres adressées aussi bien à mon insatisfaction qu’à une personne. Un animal, un être imaginaire pour me laisser aller et exprimer tout ce que je pensais, ma douleur, mes peurs et ma colère pour ensuite la brûler ou l’expédier, mais en pensant froidement aux conséquences avant de le faire.
Ces trois phases m’ont permis de sortir de ma colère et de ma douleur. Elles m’ont aidée à comprendre mes émotions et à les exprimer. Mais, surtout, elles m’ont permis de faire mon deuil et de trouver la paix intérieure.
Je dois préciser que ma thérapeute était toujours là pour me guider et me conseiller. Cependant, la décision m’appartenait toujours. J’avais droit aussi à ma lettre des mauvais jours, comme celle des bons jours. Lettre que je ne devais écrire qu’à tête reposée, en faisant la part des choses et qui m’était destinée.
Aujourd’hui, je suis une écrivaine passionnée et je continue d’utiliser l’écriture comme un moyen de m’exprimer et de comprendre mes émotions. Je suis reconnaissante envers ma thérapeute qui m’a aidée à trouver cette voie. Je suis également reconnaissante envers mon père adoptif qui m’a donné l’amour et le soutien dont j’avais besoin pour surmonter cette épreuve.
En conclusion, je dirais que l’écriture est un outil précieux pour exprimer ses émotions et faire face à la douleur. Nous pouvons tous être les écrivains de nos vies et écrire un scénario plein de force et de messages qui nous motivent et ne nous limitent pas. Tout le monde peut y parvenir, il suffit de se laisser aller et d’exprimer ses émotions. La différence entre le faire et ne pas le faire est très grande.







Laisser un commentaire