Quelle belle arnaque que celle de l’autoentreprise, qui a séduit grâce à ses slogans, du genre « Poursuis tes rêves », « Pars à la conquête du succès » ou « Quand on veut, on peut » nombre de rêveurs qui se croient des petits patrons prêts à entrer dans le monde du capital alors qu’ils ne sont que des auto-exploités et surtout la nouvelle chair à canon de l’économie néolibérale.
Fermons les yeux et imaginons le rêve… En devenant auto-entrepreneur, on gagne sur tous les tableaux, du nouvel emploi rêvé au nouveau statut de chef d’entreprise, et une nouvelle vie indépendance, on est « Tendance », ou « start-up », sans subordination, sans patron, sans contrainte, sans salariat…
Puis ouvrons les yeux et constatons, en premier lieu, un auto-entrepreneur n’est pas un chef d’entreprise, il n’a créé que son emploi et c’est tout, il n’est pas indépendant parce qu’il a des clients, au pluriel avec tous les inconvénients que cela suppose, il n’est pas libre non plus, que ce soit de ses horaires (il travaille sept jours sur sept), ni de sa rémunération, ni de son activité, ni du choix de son financement (crédit à la consommation à taux usurier ou rien), ni de son statut, il passe de freelance un jour à salarié déguisé le lendemain, le tout avec l’absence de protection sociale (assurance-maladie-chômage-retraite), l’absence de congés-payés, l’absence de code du travail.
Pour conclure, l’auto-entreprise n’est pas une entreprise, n’est pas un facteur d’émancipation de l’individu, ce n’est qu’un facteur de servitude volontaire au profit de tous, sauf de soi-même, une simple variable d’ajustement des chiffres du chômage.







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