J’ai failli m’étrangler en lisant un article disant que 20 % des Françaises ignorent où se trouve le clitoris, et plus nombreuses encore (35 %) sont celles qui ignorent à quoi il ressemble, dur à digérer n’est-ce pas ? Du coup, j’ai décidé d’envoyer un message d’Amour à cet organe du plaisir de la moitié de l’humanité.
J’ai choisi l’impertinence comme moyen pour exprimer les incohérences qui nous touchent quotidiennement et refuser d’être un sexe non représenté, non documenté, un sexe assigné à donner vie, également refuser l’injonction que le plaisir est soit sale, soit réservé aux hommes.
Cher clitoris, je trouve ça révoltant que l’on nous ai caché ta fabuleuse présence et si importante partie de nous-même pendant si longtemps, la découverte du mien, très jeune, ne m’a jamais posé un problème de conscience même si les injonctions patriarcale auraient voulu que j’aie honte de mon plaisir. Je sais que durant des millénaires ton anatomie a été ignorée pour ne pas révéler un secret trop attendu, celui de la jouissance féminine.
La crainte que la jouissance que tu procures dépasse celle de l’homme, a été très forte dans la grande campagne médico-religieuse du patriarcat contre la masturbation allant jusqu’à te surnommer « le mépris des hommes » reprenant l’idée de Dionis d’une femme phallique se suffisant à elle-même ou avec ses semblables dans une homosexualité avant l’heure qui ferait fi de la domination masculine !
Tu as très longtemps été considéré comme l’organe le plus secret du corps humain, un organe que les hommes ont méprisé, caché, voire mutilé, en témoigne la pratique de l’excision qui toucherait plus de 200 millions de femmes dans le monde en 2017, et environ 50 000 en France, selon l’Unicef.
Mais, tu es aujourd’hui au centre de toutes les attentions, de toutes les prétentions, de toutes les inquiétudes, et malgré cette nouvelle notoriété, la moitié de la population n’a pas accès à son propre plaisir parce que l’on culpabilise les femmes dès le plus jeune âge, ou parce qu’on leur donne de mauvaises informations médicales. L’éducation sexuelle n’a pas beaucoup progressé, on ne parle toujours pas du clitoris, ni de la sexualité féminine à l’école, il en résulte que prôner l’éducation au plaisir est un geste politique et féministe.
Secret le plus gardé depuis la nuit des temps, nous savons aujourd’hui que l’orgasme féminin prend sa source au Mont de Vénus, jaillit du bouton d’amour et s’épand le long des jambes du clitoris qui enserrent le vagin pour s’épanouir parfois très loin de sa source dans le fond vaginal ou même près de l’anus. Cette grande région féminine qui couvre toute la région génitale est ainsi très largement excitable toujours à partir du foyer clitoridien.
Pour terminer, cher clitoris, je te remercie d’avoir très souvent éclairé mes jours et mes nuits par des feux d’artifices colorés et électrisants jusqu’à en avoir le souffle coupé.
Orgasmiquement.







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