Les petits billets de Letizia

Un blog pour donner à réfléchir, pas pour influencer… #SalesConnes #NousToutes


Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

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J’ai fait le choix…

J’ai fait le choix, très jeune d’être célibataire, et en même temps, celui d’assumer mon célibat, mais je ne peux empêcher certaines et certains de croire que je verse des litres de larmes en m’apitoyant sur mon triste sort, à hurler à la lune, à minuit. La sempiternelle question est : pourquoi suis-je encore et toujours célibataire à trente ans ? Pourquoi ne fais-je pas partie de cette catégorie privilégiée de femmes en couple, posées, qui ont des projets d’enfants, de vacances, de mariages, en ligne droite vers le bonheur ?

Pour autant que je me souvienne, j’ai toujours été une grande amoureuse, je scrutais des yeux les garçons dans la cour de récréation, choisissant mes proies avec méticulosité, cachée derrière un arbre, invisible, imaginant des romances, projetant sur eux mon envie absolue d’aimer comme tout ado qui se respecte, mais j’ai réalisé en même tempe tout ce qu’il me fallait accomplir pour être en couple sereinement, durablement (les compromis et autres compositions, les disputes, l’autre toujours présent quelle que soit la forme de l’union), j’ai compris que ce serait impossible.

J’ai mis de côté mon sourire béat collé aux yeux énamourés d’un ou d’une cher(e) et tendre qui n’existe pas, j’ai renoncé à la réalité du couple, et à mon imaginaire bercé par les contes de fées, j’ai enterré tout ce romantisme à la guimauve. J’ai donc fait un choix, je devrais dire un « choix forcé » parce que tout choix est conditionné par une contrainte, il n’est pas ici pensé comme une liberté : nous serions les produits de diverses causes dont la culture qui nous impose un modèle, un langage, des codes. Nous pouvons assumer cette condition ou la subir. Dans les deux cas, la perte est inévitable et le choix, forcé.

Je n’arrive pas à imaginer que je ne suis pour rien dans mes choix, que je suis le pur objet d’un environnement hostile. Il m’est impossible de me dire que je ne peux rien y faire. Je préfère prendre le risque de choisir et de me tromper, de prendre le courage d’affronter ma vie, ainsi si je ne suis pas d’accord avec elle, je ne penserais jamais que je ne peux rien y faire, parce que j’ai le dernier mot.

Choisir, c’est dans l’air du temps, c’est se responsabiliser, et autrement mieux que d’invoquer sa destinée pour la faire débarquer, « nous avons une position de sujet, nous sommes toujours responsables », disait Lacan dans ses Écrits, mais être responsable n’est pas être coupable, la responsabilité garantit une existence, elle ne condamne pas, elle est une marge de manœuvre et non une guillotine. Je dois assumer ce déterminisme, faire le deuil d’une part d’illusion, constater que certaines choses m’échappent.

Subir, c’est accuser le destin de notre propre vie, c’est jouir d’une conviction absolue que tout peut changer de l’extérieur, n’y être vraiment pour rien et idéaliser chaque événement heureux en pensant qu’il est enfin la clé du bonheur jusqu’à la prochaine déception… fatale.


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Une réponse à « J’ai fait le choix… »

  1. Avatar de rougepolar
    rougepolar

    Très beau texte

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