La mode ! Si je devais lui donner un visage humain, ce serait celui d’une femme. En effet, elle est du domaine des apparences, perpétuellement changeante, inconstante, et met essentiellement en valeur l’image, le paraître, la surface, quoi que ce dernier point se discute. Mais, pour moi, elle est aussi un fait de culture avec un potentiel de subversion élevé.
Bizarrement, la plupart des philosophes l’analysent comme un fait extérieur à eux-mêmes, pas comme un phénomène existentiel qui les concerne directement. Nietzsche y fait allusion dans « Humain, trop humain (1878) », il constate que, et je le cite, « partout où l’ignorance, la malpropreté, les superstitions sont florissantes, où les échanges sont faibles, l’agriculture misérable, le clergé puissant, se trouvent encore aussi les costumes nationaux. En revanche, la mode règne où se trouvent les marques du contraire. »
Les goûts et couleurs ne se discutent pas, me direz-vous, pour ma part oui, je les discute, sans juger bien sûr, laissant à chacun le choix des oripeaux qu’il veut porter pour paraître. En réalité, la tendance évolue sans cesse, mais j’en arrive à devenir allergique au style « Jogging » que je retrouve partout, je le vois davantage comme une vulgaire appropriation communautaire qu’une simple aspiration tendancielle.
Le mariage entre ces trois univers que sont la mode, le sport et la rue est désormais officiel, la rue s’est approprié le style sportif, et le monde de la mode porte une attention particulière au marché de la rue, je n’y vois qu’un transfuge de classe, un vaudeville avec le Rap comme musique de fond, là où d’autres voient une démocratisation, le cocu dans l’affaire, parce qu’il y en a toujours un dans les mariages à trois étant le sport.
Hé oui, le survêt, ou mieux le Jogging avec le temps s’est vu projeté ailleurs, il a déserté les aires de sport pour rejoindre le béton des banlieues, porté avec fierté par une jeunesse que l’on qualifie alors, au mieux de « hip-hop », au pire de « racailles », il plaît aux breakers, à ceux qui vivent en marge du système dominant, le porter, c’est afficher son ancrage géographique, voire communautaire et un attachement à certains codes culturels, et assumer le fait d’avoir claqué parfois quelques centaines d’euros pour pouvoir l’acquérir.
Mais, attention, ce n’est pas pour ça que je n’aime pas les styles (converse, sneakers, jogging, bonnets, etc.), c’est seulement parce que la plupart du temps, c’est « moche », ça n’est même plus confortable, c’est sexy comme une dalle mortuaire, c’est un répulsif, un TUE l’amour, un épouvantail !







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