Métro, boulot, dodo, ce n’était pas ma routine, mais quelle qu’elle fut, la lenteur n’était pas de mise, je la vivais au contraire à cent à l’heure. Entre le travail, la rénovation puis l’entretien de la maison ou du jardin, le sport, les escapades sociales, les ami·e·s, mon rythme de vie était devenu effréné, j’en arrivais à faire des choix entre mes activités ludiques, puis le confinement, subitement, a tout arrêté, et a contribué à me faire percevoir un autre mode de vie.
Je me suis rendu compte que tout allait trop vite. Cette rupture brutale avec mon quotidien m’a plongée dans la stupeur dans un premier temps, j’avais peur de m’ennuyer, de trouver le temps long, mais non, méditation oblige (non transcendantale, je vous rassure !), j’ai positivé et vu ce confinement comme une opportunité de m’approprier la valeur temps, en toute conscience, j’ai vite oublié le rythme fou que prenait ma vie et apprécié ce temps déstructuré.
Je me suis simplement demandée ce que je voulais faire dans ma vie, et j’ai fait tout aussi simplement un état des lieux, un audit de ma vie. La première chose fut de faire la liste de mes besoins selon la théorie de Maslow et sa fameuse pyramide des besoins.
J’ai très vite passé sur la base de cette pyramide, et les « besoins fondamentaux et physiologiques » (respiration, alimentation, hydratation, repos, sexe), ainsi que sur la deuxième échelle, où se trouvent « besoins de sécurité » (logement, éducation, transport, Sécurité sociale, protection des biens), et sur le troisième niveau, « besoins sociaux » (amitié, famille, participation, acceptation).
Je me suis un peu attardée sur le quatrième niveau, « besoins d’estime », personnelle en tout premier lieu, mon assertivité et la forte estime que j’ai de moi-même m’a très vite fait passer au sommet de la pyramide, ou se trouvent les « besoins d’auto-réalisation » ou du « potentiel maximal ».
Et là, stupeur ! Je me suis sentie objectivée, comme un hamster courant dans une roue qui tournerait sans fin, transformée en rouages d’une machine, en objet plutôt qu’en humain, pas tant sur le plan personnel, mais complètement sur le plan du travail. Il me fallait découvrir l’ordre de mes priorités pour mon projet de vie, et sortir le plus rapidement possible de la spirale actuelle.
Me rendre compte, explicitement, que j’accorde trop d’importance à ce que ma profession fait de moi et constitue la plus grosse partie de mon identité, et surtout que c’est comme cela que je me présente m’a fait l’effet d’une douche glacée, il est loin le temps où l’on me serinait : « Si tu travailles bien à l’école, tu auras un bon métier », j’ai bien travaillé et pourtant mon parcours professionnel que d’aucuns jugent brillant, est parsemé de remises en question.
Jamais je n’ai cessé de me demander si cela me convenait, si je me réjouissais de me rendre chaque jour à mon travail et si cela avait du sens pour moi, mon parcours professionnel en est devenu atypique, fait d’engagement, de passion plus que de raison, peut-être parce que je n’ai jamais eu à me préoccuper pour payer mes factures, toujours est-il que je suis passée à quatre jours de travail de sept heures par semaine et m’y retrouve très bien.
Et maintenant ? Me direz-vous, eh bien, je vivrais à mon rythme, passerais à deux, voire trois mois de vacances prises en plusieurs fois, voyagerais au gré de mes envies, prendrais plus de pauses lors de mes journées de travail, irais me balader dans le quartier plutôt qu’aller au restaurant, cuisinerais davantage, et mieux en me rapprochant de la nature.







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