Trois kilomètres six cents, c’est la distance qui m’a séparé durant trois ans de ma mère biologique, 3,6 km, entre la Rue Sablonnât à Bordeaux où je logeais pendant mes études à l’ENM et la Rue Richmond à Bègles où résidait ma mère biologique.
Alors voilà, c’est fait, j’ai finalement décidé, histoire de ne pas avoir de regret plus tard de la rencontrer, de les rencontrer, elle et sa famille, son époux et leurs deux enfants, son époux étant aussi mon père biologique et ses enfants étant mon frère et ma sœur biologique.
Ça fait beaucoup à encaisser quand on a vécu plus de 30 ans avec une chimère, avec une idée obligatoirement fausse de/sur ses parents biologiques et surtout de la suite à donner à cette rencontre, ce qui m’a incitée, finalement à le faire est l’article L. 147-7 du Code de l’action sociale et des familles (L’accès d’une personne à ses origines est sans effet sur l’état civil et la filiation). Il ne fait naître ni droit ni obligation au profit ou à la charge de qui que ce soit.)
En réalité, je n’ai jamais été en quête du pourquoi, mais seulement d’un visage, d’un regard, d’une expression, d’une émotion, et je me retrouve avec quatre, et aucun ne me ressemble, ils sont tous aussi bruns que je suis blonde et leurs traits n’ont rien à voir avec les miens.
Ils sont fils et petits-fils de réfugiés basques espagnols et semblent bien intégrés dans la société française, nous n’avons échangé que très peu de mots, le père monopolisait le dialogue (je n’ai pas écrit « mon » père), alors je l’ai coupé, un peu sèchement, je l’avoue, la gêne était palpable, les seuls à parler ensuite ont été les enfants, qui, j’ai cru le comprendre, n’étaient au courant que depuis quelques jours, et la mère est restée pratiquement silencieuse.
J’ai trouvé devant moi une famille inquiète, qui attendait quelque chose de ma part, qui attendait sûrement une réaction, mais fidèle à moi-même, je n’ai été ni enthousiaste, ni en colère, presque indifférente, mais je sais que ce n’était qu’un rôle que je jouais, et que sûrement, il en était de même de leur côté.
Je reverrai demain mon frère et ma sœur sans leurs parents et nous aurons je l’espère plus de choses à nous dire. Je ne veux pas ce soir prendre à vif, une quelconque décision surtout après une débauche de signes de croix et autres allusions au fils d’un être supérieur qui n’avait vraiment rien à faire ici-bas !







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