Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

Méditation post rencontre.

Logique me direz-vous que depuis la rencontre avec ma famille biologique, je ne pense pratiquement plus qu’à ça lors de mes méditations. Ce qui me revient le plus en mémoire ce sont les premières années après la découverte de mon adoption, découverte venue de la bouche d’une autre fille. « Tes parents, ce sont pas tes parents. Ce sont mes parents qui me l’ont dit. »

Sur le coup bien sûr, je n’y ai pas cru. Cependant, les réactions autour de moi, des chuchotements aux regards focalisés sur moi m’ont fait douter et c’est en me tournant vers ma mère et sa mine déconfite que j’ai compris que c’était vrai. Je ne me souviens pas de mon état d’esprit ce jour-là, mais ça ne devait pas être beau à voir.

Chacun sait que les enfants sont formidables. Cruels, mais formidables. Je n’ai jamais pensé être née dans une poubelle, une décharge sauvage ou même une pissotière lugubre, les remarques de mes petits camarades pendant la récré du genre : « Toi, on t’a trouvée dans une poubelle, d’abord. », sont parfois dures à avaler. En revanche, elles ont forgé mon caractère.

J’ai refusé de retourner à l’école et j’ai eu droit à l’école à la maison jusqu’à mon entrée en sixième dans une autre région (pour cause de séparation puis de divorce), mais je me pose la question de savoir si c’est moi qu’ils voulaient protéger ou eux avec leur « Ne dis pas que tu as été adopté. »

Quoi qu’il en soit, c’était une erreur, je ne l’ai jamais caché. J’ai aussi porté fièrement mon histoire, quelle qu’elle fut, cela m’a permis de savoir ce qu’était vraiment la famille et leur rapport à la filiation, cette sacro-sainte filiation chère à ces grenouilles de bénitiers pseudo-humanistes donneuses de leçons. « Vous n’êtes pas une famille. Vous n’avez pas le même sang. » Pas que cela vienne de mes parents, non sur ce point, ils ont été exemplaires, mais de leurs familles respectives et leur pitié miséricordieuse.

Bien sûr, toute ma vie et mes idées ont été formatées par ces moments-là. Pourtant, j’ai tout balayé, de leurs deux familles jusqu’à leur religion merdique, il ne me restait que les médecins et autres cabinets médicaux et leur : « Vous avez des antécédents familiaux ? ». Je m’amusais à deviner la réaction des praticiens à l’évocation de mon passé. Une chose est sûre, c’était marrant de voir le malaise s’installer, et maintenant, je n’ai même plus droit à ça !

Je n’ai pas eu de chance avec mes parents adoptifs. Pourtant, je dirais quand même que les « vrais » parents d’un enfant adopté sont les adoptants, et c’est pour ça qu’on les appelle « parents ». Les autres sont des géniteurs. Pas davantage.


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