Je me suis rendu compte très tôt dans la vie que la meilleure façon d’être heureuse avec quelqu’un était d’apprendre à être heureuse seule. J’ai aussi appris en même temps que la compagnie des autres était une question de choix personnel et non de nécessité.
Les disputes verbales entre mes parents adoptifs m’étaient insupportables. Étant une enfant adoptée, je me sentais responsable de tout, et particulièrement de ces disputes. Elles ont été le déclencheur de cet état d’esprit qui m’a permis d’entrer en contact avec moi-même et d’affronter mes peurs et mes insécurités du moment. La solitude s’est avérée être le meilleur choix pour leur échapper.
J’aimais lire, et j’ai cherché dans les livres une réponse, mais j’étais trop jeune et n’étais intellectuellement pas encore capable d’y accéder. Puis, je me suis rendu compte que la société, aussi bien socialement que culturellement, m’avais éduquée pour être accompagnée, pour avoir beaucoup d’ami·e·s, pour être sociable, pour avoir des liens forts avec les autres et pour être intégrée à mon environnement familial.
J’avais déjà digéré la peur et l’anxiété que générait le fait de ne pas « entrer dans le moule » à cause de mon adoption et bizarrement, je n’ai jamais pensé que si je n’avais pas d’amis ou si je n’étais pas entourée de personnes, je serais seule et je serais malheureuse.
Cette peur de la solitude ne m’a jamais amenée à chercher de la compagnie, surtout s’agissant de personnes qui n’apportaient vraiment rien à ma vie ou qui comme ma famille me rendait malheureuse.
Je n’avais aucun problème à jouer seule avec mes jouets ou à m’asseoir dans le parc, manger mon déjeuner seule dans la cuisine n’était pas la fin du monde, et je ne me sentais pas bizarre à ce sujet. Mais, effectivement, en grandissant, j’ai commencé à réduire le temps que je passais seule, mais en fait, j’ai peut-être oublié, à ce moment de mon existence, que je devais toujours être l’amour de ma vie, que j’avais trop priorisé les autres.
Une fois passé les années où ma survie dépendait des autres et que j’étais devenue autonome, j’ai évoluée. J’ai alors changé ma manière d’envisager les relations sociales, en particulier les plus proches, je me suis rendu compte, que la majorité de mes ami·e·s ne m’apportaient vraiment rien de positif, que je me sentais trop souvent obligée d’aller à un endroit et à un événement où je ne me sentais pas à l’aise juste pour ne pas me sentir exclue, ainsi mon cercle social est devenu très sélectif, l’honnêteté y est indispensable.
Supporter pendant des jours, des mois et des années des menteurs, des gens présomptueux et qui ne souhaitent le meilleur que pour eux m’est devenu insupportable, et je me suis séparé d’eux et tant pis si l’on a dit de moi que j’étais « snob » ou « calculatrice », voire inadaptée, de timide endurcie et bizarre que l’on ne réussit jamais à comprendre. (sic)
La vie et mon entourage amical et professionnel m’ont fait comprendre que toute relation qui cherche avant tout à combler le vide de la solitude s’établira sur une affection immature, dépendante et toxique, où les libertés, les droits et l’épanouissement personnel de chacun seront bafoués.







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