Les petits billets de Letizia

Un blog pour donner à réfléchir, pas pour influencer… #SalesConnes #NousToutes


Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

C’est quoi une mère ?

Tout dans la littérature, tout dans ma culture me susurre : « Une maman, c’est précieux, on n’en a qu’une ». Faux ! J’en ai eu trois ! Et si j’en crois l’ambiance culturelle qui m’a bercée, « Il n’y a rien de plus doux qu’une maman ! », Whaou ! L’angoisse ! Je ne vois pas de qu’il y a de doux dans le rôle d’une mère qui éduque un enfant, aucune des trois ne l’a été, douce !

Je passerais sur le rôle de la première, la génitrice biologique qui m’a mise au monde sous X et qui, honteuse d’avoir fauté comme le fit Eve, m’a abandonnée, me chassant de son paradis en pensant sûrement que tel Moïse abandonné au fil des eaux, j’aurais un grand destin.

Puis ô miracle ! Je fus adoptée… Je n’ai jamais su les motivations profondes de cet acte, et vu le résultat, j’en déduis qu’elles ne devaient pas être altruistes, mais bien égoïstes.

Les cinq premières années de ma vie, je ne m’en souviens pas, je semble être née un jour dans la cour de « récréation » d’une école avec d’autres enfants claironnants autour de moi « Ta mère n’est pas ta mère » « on t’a trouvée dans une poubelle ! », et autres gentillesses cruelles comme seuls les enfants savent faire.

Dans les jours qui ont suivi, mon monde basculé, mon papa n’était pas mon papa, ma maman n’était pas maman, mon petit frère n’était pas mon petit frère, alors qui étais-je ?

Je me suis mise à épier tout le monde, à écouter leurs dires, bien m’en a pris, mes grands-parents adoptifs paternels parlants de moi en Corse. » Ella, ùn hé micca di u nostru sangue » (Elle n’est pas de notre sang) m’ont confortée dans l’idée que je n’étais pas chez moi puisque j’étais une étrangère.

Je suis devenue une petite fille renfermée, taciturne « Facè à morte pegurina » (Elle ne réagit plus) disait une cousine à mon père.

Et ma mère adoptive dans tout ça ?

Franchement, je ne sais pas, je suis devenue indifférente, vis-à-vis d’elle, vis-à-vis de tous, rien ne m’importait, tout me semblait égal et peut-être, par mon comportement, lui ai-je, leur ai-je provoqué des blessures, leur ai-je attribué une série d’adjectifs, qui ont peu de lien avec l’idéal d’une personne vertueuse ?

Toujours est-il que quant à la suite du drame familial de la mort de mon petit frère, mes parents ont divorcé, je me suis sentie responsable, ce ne pouvait être que de ma faute. Et le fait que ma mère ait abandonné sa maternité légale m’a paru une suite logique et insidieusement, une bonne chose, et rester avec mon père, un père autoritaire, une punition acceptable.

J’avais moins de douze ans quand une maladie nosocomiale l’a emporté et que je me suis retrouvée à la DASS et en famille d’accueil, je n’ai que des mercis à dire à cette mère d’accueil, elle n’a jamais été douce, mais m’a appris à être responsable, elle m’a beaucoup aidée avec celle que je qualifierais de quatrième mère, ma psychiatre, à digérer tout ça et à passer le cap de mon adolescence sans faute majeure.

Aujourd’hui, je subis, à leur demande. (Je précise .) le retour pitoyable de mes parents biologiques sur le devant de la scène, en quette, non de repentir ou d’amour, mais d’un pardon de ma part.
Franchement, cette demande m’a ouvert les yeux et l’esprit sur l’hypocrisie et l’égoïsme de la parentalité. Pardon accordé . Restez loin de moi .
Le seul point positif pourrait être la surprise d’avoir un frère et une sœur et leur surprise d’avoir une grande sœur, mais au vu de leurs premières réactions, c’est loin d’être gagné.


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