Je suis tombée sur mon cul en lisant un article « « De la grande démission » à la baisse des qualifications » sur le blog de Descartes que je feuillette régulièrement.
Ce qui gêne l’auteur pour qui la qualité de vie est sans importance est, et je le cite : « Ce qui me gêne, c’est que la collectivité gâche ses ressources en payant des études de qualité à des gens qui ensuite élèveront des chèvres. Mais, cela peut s’arranger sans les envoyer au Goulag : les pointer du doigt dans les médias comme des parasites profiteurs me paraît bien plus efficace… »(sic)
Ce qui me gêne à moi, c’est que la collectivité gâche ses ressources en payant des études de qualité à des gens qui ensuite démissionnent parce que la collectivité en faillite ne fait plus rêver et ne tient pas ses promesses.
Par conséquent, il faudrait me montrer du doigt, moi qui après neuf ans d’études a pris mon poste dans une administration. Fait en 67 semaines 384 heures supplémentaires qui me seront payées un jour selon un calcul savant en anticipant mon jour de départ à la retraite. (Si j’y arrive). Le tout pour un salaire mensuel de moins de 2 300 Euros.
Je suis une privilégiée dans le sens que je n’ai pas besoin d’un travail à tout prix, donc de réaliser des tâches routinières et peu prestigieuses. Eh oui, la résignation et l’acceptation de cette stupidité fonctionnelle des administrations sont basiques pour garder un travail.
Ensuite, tout ce beau monde de donneurs de leçons s’étonne que les fonctionnaires en fassent le minimum. La formation, les idées ou les fabuleuses compétences importent peu. On ne leur demandera qu’une seule chose, de garder le silence dans ce troupeau de moutons blancs. Parce que vous les placez en évidence, car vos idées briseraient la « chaîne de montage de fer » qui s’établit sur la perpétuation de la médiocrité.
Dans l’ouvrage Travailler au XXIᵉ siècle (Éditions Laffont, 2015), il est montré qu’il s’agit de faire le minimum attendu du poste pour se protéger d’une profonde déception à l’égard d’un travail auquel on était initialement très attaché.
Cette stupidité fonctionnelle se concrétise parce que « nous n’avons pas d’autre choix » que d’accepter ce qu’il se passe pour arriver à la fin du mois. Elle domine dans un grand nombre de nos structures sociales et de nos entreprises habitées par des professionnels compétents et brillants, mais qui gaspillent terriblement leur temps.
Dire que nous pourrions tous en faire beaucoup plus si les conditions étaient favorables ne serait qu’un amer euphémisme.







Laisser un commentaire