Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

Je suis tombée sur mon cul !

Je suis tombée sur mon cul en lisant un article « « De la grande démission » à la baisse des qualifications » sur le blog de Descartes que je feuillette régulièrement.

Ce qui gêne l’auteur pour qui la qualité de vie est sans importance est, et je le cite : « Ce qui me gêne, c’est que la collectivité gâche ses ressources en payant des études de qualité à des gens qui ensuite élèveront des chèvres. Mais, cela peut s’arranger sans les envoyer au Goulag : les pointer du doigt dans les médias comme des parasites profiteurs me paraît bien plus efficace… »(sic)

Ce qui me gêne à moi, c’est que la collectivité gâche ses ressources en payant des études de qualité à des gens qui ensuite démissionnent parce que la collectivité en faillite ne fait plus rêver et ne tient pas ses promesses.

Par conséquent, il faudrait me montrer du doigt, moi qui après neuf ans d’études a pris mon poste dans une administration. Fait en 67 semaines 384 heures supplémentaires qui me seront payées un jour selon un calcul savant en anticipant mon jour de départ à la retraite. (Si j’y arrive). Le tout pour un salaire mensuel de moins de 2 300 Euros.

Je suis une privilégiée dans le sens que je n’ai pas besoin d’un travail à tout prix, donc de réaliser des tâches routinières et peu prestigieuses. Eh oui, la résignation et l’acceptation de cette stupidité fonctionnelle des administrations sont basiques pour garder un travail.

Ensuite, tout ce beau monde de donneurs de leçons s’étonne que les fonctionnaires en fassent le minimum. La formation, les idées ou les fabuleuses compétences importent peu. On ne leur demandera qu’une seule chose, de garder le silence dans ce troupeau de moutons blancs. Parce que vous les placez en évidence, car vos idées briseraient la « chaîne de montage de fer » qui s’établit sur la perpétuation de la médiocrité.

Dans l’ouvrage Travailler au XXIᵉ siècle (Éditions Laffont, 2015), il est montré qu’il s’agit de faire le minimum attendu du poste pour se protéger d’une profonde déception à l’égard d’un travail auquel on était initialement très attaché.

Cette stupidité fonctionnelle se concrétise parce que « nous n’avons pas d’autre choix » que d’accepter ce qu’il se passe pour arriver à la fin du mois. Elle domine dans un grand nombre de nos structures sociales et de nos entreprises habitées par des professionnels compétents et brillants, mais qui gaspillent terriblement leur temps.

Dire que nous pourrions tous en faire beaucoup plus si les conditions étaient favorables ne serait qu’un amer euphémisme.

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4 réponses à « Je suis tombée sur mon cul ! »

  1. Avatar de Descartes
    Descartes

    @ Letizia

    Et bien, si vous êtes tombé sur votre cul, permettez-moi de vous relever avec quelques remarques sur votre texte :

    [Ce qui gêne l’auteur pour qui la qualité de vie est sans importance est,]

    Mais… d’où tirez-vous que pour moi « la qualité de vie est sans importance » ? Mon point, c’est que la « vie » se passe aussi au travail. C’est l’idée qu’on améliorerait sa « qualité de vie » en travaillant moins, ou dans des métiers moins « engagés » que je conteste. Cela peut être vrai dans le cadre de métiers répétitifs, routiniers et peu intéressants, et j’admets volontiers qu’une caissière de supermarché ou une femme de ménage puissent gagner en « qualité de vie » en travaillant moins. Mais pas dans le cas du « polytechnicien qui va élever des chèvres ».

    [Ce qui me gêne à moi, c’est que la collectivité gâche ses ressources en payant des études de qualité à des gens qui ensuite démissionnent parce que la collectivité en faillite ne fait plus rêver et ne tient pas ses promesses.]

    J’admire le fait que vous preniez votre part de responsabilité dans l’affaire. Car cette « collectivité en faillite qui ne fait plus rêver et ne tient pas ses promesses », vous en êtes membre, n’est-ce pas ? Et si elle est en faillite et ne tient ses promesses, c’est parce qu’elle a fait un certain nombre de choix auxquels vous avez participé…

    [Donc, il faudrait me montrer du doigt, moi qui après neuf ans d’études a pris mon poste dans une administration.]

    Je ne sais pas. Si les « neuf ans d’études » – j’imagine qu’il s’agit d’études supérieures – que vous avez faites étaient utiles pour vous permettre de bien remplir vos fonctions dans l’administration, non. Si elles étaient inutiles, alors je vous invite à vous poser la question. Qui aura payé ces années « inutiles » ? Est-ce juste de lui faire supporter ce coût ?

    J’irais même plus loin : pour vous, que représentent ces « neuf ans d’études » ? Une corvée, un sacrifice qui devrait vous donner des droits ? Ou bien une chance, un privilège qui devrait vous imposer des devoirs ?

    [Je suis une privilégiée dans le sens que je n’ai pas besoin d’un travail à tout prix, donc de réaliser des tâches routinières et peu prestigieuses. Eh oui, la résignation et l’acceptation de cette stupidité fonctionnelle des administrations sont basiques pour garder un travail.]

    Vous êtes d’abord une privilégiée parce que vous avez pu faire neuf ans d’études supérieures, auxquels s’ajoutent quelque onze années d’études primaires et secondaires, soit vingt ans en tout. Croyez-moi, cela n’est pas donné à tout le monde.

    Ensuite, je trouve curieux le mépris que vous affichez pour ceux, moins fortunés que vous, forcés de réaliser des « tâches routinières et peu prestigieuses », obligés selon vous à accepter « cette stupidité fonctionnelle des administrations pour garder un travail ». Vous savez, si vous pouvez manger du pain, c’est parce qu’un ouvrier boulanger fait des tâches « routinières et peu prestigieuses ». Vous pouvez prendre le bus ou le métro parce qu’un conducteur fait des tâches « routinières et peu prestigieuses ». Vous travaillez dans un bureau propre parce qu’une femme de ménage « routinière et peu prestigieuse » s’en occupe. Il y a des tâches qui, pour être « répétitives et peu prestigieuses », n’en sont pas moins nécessaires. Et comme elles sont nécessaires, il faut des gens pour les faire. Et il n’y a là rien de « stupide » : comment ce qui est nécessaire pour être stupide ?

    [Ensuite, tout ce beau monde de donneurs de leçons s’étonne que les fonctionnaires en fassent le moins possible.]

    Je ne sais pas qui vous visez par cette remarque, mais personnellement je m’étonne non pas « que les fonctionnaires en fassent le moins possible », mais d’entendre des gens comme vous DIRE que « les fonctionnaires en font le moins possible ». Parce que j’ai derrière moi quelques décennies de service public, et je m’inscris en faux absolu contre cette affirmation. J’ai connu des policiers, et je peux vous assurer qu’ils ne font pas « le moins possible ». J’ai connu des préfets, et je vous assure qu’ils ne font pas « le moins possible ». J’ai connu des instituteurs et des médecins hospitaliers, et je vous assure, là encore, qu’ils pourraient en faire bien moins s’ils le voulaient. Moi, ce qui m’étonne, ce n’est pas que les fonctionnaires « en fassent le moins possible ». Ce qui m’étonne, c’est au contraire qu’ils font le plus possible, et dans certains cas, au péril de leur santé ou de leur vie.

    [La formation, les idées ou les fabuleuses compétences importent peu. On ne leur demandera qu’une seule chose, de garder le silence dans ce troupeau de moutons blancs. Parce que vous les placez en évidence, car vos idées briseraient la « chaîne de montage de fer » qui se base sur la perpétuation de la médiocrité.]

    Je serais curieux de savoir dans quelle administration vous travaillez. Parce que dans la mienne, ce n’est certainement pas le cas. En tout cas, je me méfie toujours des discours qui placent la médiocrité chez les autres. A une journaliste américaine qui lui demandait dans quelle pièce de la maison lui venaient le plus souvent ses idées, Einstein avait répondu magistralement « vous savez, c’est si rare, une idée… ». Ceux qui croient qu’en « plaçant leurs idées en évidence » ils brisent quelque chose commettent un grave péché d’orgueil…

    [Dans l’ouvrage Travailler au XXIᵉ siècle (Éditions Laffont, 2015), il est montré qu’il s’agit de faire le minimum attendu du poste pour se protéger d’une profonde déception à l’égard d’un travail auquel on était initialement très attaché.]

    C’est un peu comme dire qu’il faut éviter l’amour, parce que comme cela on ne risque pas la déception amoureuse. Evidemment, celui qui n’investit pas ne prend pas le risque d’y perdre. Reste à savoir si le fait d’éviter toute déception peut être un objectif dans la vie. Personnellement, j’aurai fait bien plus que le « minimum attendu ». Quelquefois cela a marché, et j’ai eu de grandes satisfactions, d’autres fois pas et j’ai eu de grandes déceptions. Et à la fin, je pourrais au moins dire « I did it my way… »

    [Cette stupidité fonctionnelle se concrétise parce que « nous n’avons pas d’autre choix » que d’accepter ce qu’il se passe pour arriver à la fin du mois.]

    Beh oui. L’homme primitif, vous savez, celui qui cueillait des racines et chassait des petits rongeurs, pouvait dire « c’est inacceptable que je doive chasser des petits rongeurs et chercher des racines, alors que je serais tellement mieux le pieds en éventail devant le feu dans ma caverne ». Seulement voilà, s’il ne sortait pas cueillir et chasser, il crevait de faim. Avant d’être des esprits, nous sommes des corps qui ont besoin d’être nourris, soignés, protégés. Cela s’appelle « matérialisme ». Aujourd’hui, on ne chasse plus les petits rongeurs et on ne cueille plus de racines pour vivre, mais le mécanisme est le même. Et si « nous n’avons pas d’autre choix », ce n’est pas à cause d’on ne sait quelle « stupidité fonctionnelle », mais tout simplement parce que le monde est fait comme ça.

    [Elle domine dans un grand nombre de nos structures sociales et de nos entreprises qui sont habitées par des professionnels compétents et brillants, mais qui gaspillent terriblement leur temps.]

    Quel dommage que tous ces professionnels compétents et brillants qui habitent nos entreprises deviennent si incompétents quand il s’agit de les diriger… étonnant, non ?

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  2. Avatar de Letizia Doria
    Letizia Doria

    @ Descartes

    Eh bien, c’est gentil de vouloir me relever avec en prime quelques remarques sur mon texte : Je suis complètement subjuguée par votre réactivité.

    [Mon point, c’est que la « vie » se passe aussi au travail. C’est l’idée qu’on améliorerait sa « qualité de vie » en travaillant moins, ou dans des métiers moins « engagés » que je conteste.]

    Mon point de vue est, que l’on soit caissière de supermarché, femme de ménage ou polytechnicien : chacun a le droit, je dirai même le devoir de vivre la vie qu’il veut, avec le travail qu’il désire s’il en a les capacités, la qualité de vie se trouve là.

    [J’irais même plus loin : pour vous, que représentent ces « neuf ans d’études » ? Une corvée, un sacrifice qui devrait vous donner des droits ? Ou bien une chance, un privilège qui devrait vous imposer des devoirs ?]

    Mes « neuf ans d’études » ne sont que le cheminement vers ce qui aurait pu être l’aboutissement d’un rêve, mais qui n’a débouché que sur une déception. La route était belle, sans corvées, sans sacrifice, sans chance, sans privilège, sans droits ni devoirs, et à l’arrivée, je suis entrée dans le monde des « idéalistes perdants ». Je ne revendique aucun droit autre que ma liberté, et n’aie aucun devoir à rendre.

    [Et si elle est en faillite et ne tient ses promesses, c’est parce qu’elle a fait un certain nombre de choix auxquels vous avez participé…]

    Vous n’allez tout de même pas me dire, comme je le présume, que c’est ma faute ? Que la ploutocratie à laquelle nous participons n’y est pour rien ?

    [Vous êtes d’abord une privilégiée parce que vous avez pu faire neuf ans d’études supérieures, auxquels s’ajoutent quelque onze années d’études primaires et secondaires, soit vingt ans en tout. Croyez-moi, cela n’est pas donné à tout le monde.]

    Je suis privilégiée parce que mon père à son décès m’a légué les moyens financiers pour pouvoir faire ces études, et qu’accessoirement, la génétique m’a dotée d’un bon QI.

    [Ensuite, je trouve curieux le mépris que vous affichez pour ceux, moins fortunés que vous, forcés de réaliser des « tâches routinières et peu prestigieuses », obligés selon vous à accepter « cette stupidité fonctionnelle des administrations pour garder un travail ».]

    Vous dénaturez mes propos, il n’a jamais été question d’autre chose que de ce polytechnicien pour qui cette stupidité fonctionnelle s’appliquerait. J’ajouterais que j’ai le plus grand respect pour le monde du travail et qu’il n’a jamais été question de mépriser qui que ce soit.

    [Je ne sais pas qui vous visez par cette remarque, mais personnellement, je m’étonne non pas « que les fonctionnaires en fassent le moins possible », mais d’entendre des gens comme vous DIRE que « les fonctionnaires en font le moins possible ».]

    Je n’ai derrière moi que 67 semaines de service public, et je m’inscris aussi en faux absolu contre cette affirmation en ce qui me concerne, mais j’étais toute nouvelle, et pas conne non plus. Pas assez pour ne pas voir que certains, et j’ajouterais, une majorité en faisait le moins possible.

    [Je serais curieux de savoir dans quelle administration vous travaillez. Parce que dans la mienne, ce n’est certainement pas le cas.]

    Je ne travaille plus dans la fonction publique, je ne fais que suivre ce qui s’y passe de loin. (La magistrature, pour ne pas la nommer) La hiérarchie, veut et souhaitera toujours que ses subordonnés soient médiocres. Si je devais choisir une citation d’Einstein, ce serait : « Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. »

    [Reste à savoir si le fait d’éviter toute déception peut être un objectif dans la vie. ».]

    C’est le mien, autant que possible. Une fois en passant, j’accepte d’être déçue, cela peut même me servir de leçon, mais dans le cas ou c’est tous les jours ? Qui a envie de traîner une déception jour après jour ? Vivre avec une personne ou un travail qui vous déçoit mérite qu’on aille voir ailleurs.

    [Et si « nous n’avons pas d’autre choix », ce n’est pas à cause d’on ne sait quelle « stupidité fonctionnelle », mais tout simplement parce que le monde est fait comme ça.]

    Ce n’est pas parce que le monde est ainsi fait que je dois l’accepter.

    [Quel dommage que tous ces professionnels compétents et brillants qui habitent nos entreprises deviennent si incompétents quand il s’agit de les diriger… étonnant, non ?]

    Pas tout le monde n’a les capacités de diriger, c’est un autre sujet. Il n’est question ici que de reconnaissance et de bien-être psychologique trop souvent ignorés par ceux d’en haut.

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  3. Avatar de Descartes
    Descartes

    @ Letizia

    Je me permets encore de rebondir sur votre commentaire…

    [Mon point de vue est, que l’on soit caissière de supermarché, femme de ménage ou polytechnicien : chacun a le droit, je dirai même le devoir de vivre la vie qu’il veut, avec le travail qu’il désire s’il en a les capacités, la qualité de vie se trouve là.]

    « Le droit de vivre la vie qu’il veut » ? Mais ça veut dire quoi, exactement ? Moi, par exemple, je voudrais vivre une vie de milliardaire oisif. A quel guichet, à quel tribunal dois-je m’adresser pour rendre effectif mon « droit » ?
    Nous ne vivons pas dans un monde d’idées, mais dans un monde de matière. « Avoir le droit » ne sert à rien si l’on n’a pas la POSSIBILITE MATERIELLE. Juridiquement, j’ai parfaitement le « droit » de voler comme un oiseau, mais ce « droit » ne me sert strictement à rien, il est purement abstrait parce que je n’ai aucune possibilité matérielle de l’exercer.

    Mais votre remarque soulève un problème encore plus important : que se passe-t-il si en « vivant la vie que je veux » j’empêche mon voisin de « vivre la vie qu’il veut » ? Parce que dans un monde où les ressources sont limitées et souvent rares, ce que je prends ne peut être pris par quelqu’un d’autre. Si « vivre la vie que je veux » implique de m’installer dans l’appartement de mon voisin, cela posera un problème à mon voisin, non ?

    L’homme est un animal matériel et social. Matériel, il est confronté aux contraintes que lui impose la matérialité du monde : il doit se vêtir, manger, se protéger, et pour cela se procurer des biens matériels. Et ces biens matériels ne tombent pas du ciel : il faut les arracher à la nature par le travail, et cela qu’il le « veuille » ou non. Pour reprendre votre formule, on ne vit pas la vie qu’on veut, on vit la vie qu’on peut. Social, l’homme s’organise socialement pour faire face à ces besoins. Chacun de nous individuellement, nous vivrions dans la misère. C’est parce que nous agissons collectivement, en nous division le travail, que nous vivons dans une abondance relative. Mais cet « agir collectivement » implique un réseau de devoirs et obligations réciproques. Là encore, notre « vouloir » trouve des limites…

    [Mes « neuf ans d’études » ne sont que le cheminement vers ce qui aurait pu être l’aboutissement d’un rêve, mais qui n’a débouché que sur une déception. La route était belle, sans corvées, sans sacrifice, sans chance, sans privilège, sans droits ni devoirs, et à l’arrivée, je suis entrée dans le monde des « idéalistes perdants ». Je ne revendique aucun droit autre que ma liberté, et n’aie aucun devoir à rendre.]

    Sauf que ce « cheminement », quelqu’un l’a payé. Pendant ces neuf ans, quelqu’un a payé les professeurs, les locaux d’enseignement. Ne vous sentez vous pas en dette envers ces gens qui ont financé ces neuf ans d’études – souvent des gens qui, eux, n’ont pas eu la chance de pouvoir en faire ? L’idéalisme, c’est bien joli quand quelqu’un d’autre assume la partie matérielle…

    [« Et si elle est en faillite et ne tient ses promesses, c’est parce qu’elle a fait un certain nombre de choix auxquels vous avez participé… » Vous n’allez tout de même pas me dire, comme je le présume, que c’est ma faute ? Que la ploutocratie à laquelle nous participons n’y est pour rien ?]

    Pas « votre » faute, mais « notre » faute. La « ploutocratie à laquelle nous participons » n’est pas tombée du ciel, elle n’a pas été mise en place par ces gens venus de la planète Zorg, mais par des dirigeants que nous avons élus. C’est cela qui est embêtant dans la démocrate : chaque citoyen est un peu responsable de ce qui lui arrive…

    [Je suis privilégiée parce que mon père à son décès m’a légué les moyens financiers pour pouvoir faire ces études, et qu’accessoirement, la génétique m’a dotée d’un bon QI.]

    Oui, mais pas seulement. Vous êtes aussi privilégiée parce que vous vivez dans un pays où vos concitoyens payent avec leurs impôts des professeurs et locaux d’enseignement que chacun peut fréquenter en fonction de ses vertus et de ses talents avec un coût minimal.

    [« Je ne sais pas qui vous visez par cette remarque, mais personnellement, je m’étonne non pas « que les fonctionnaires en fassent le moins possible », mais d’entendre des gens comme vous DIRE que « les fonctionnaires en font le moins possible ». » Je n’ai derrière moi que 67 semaines de service public,]

    Moi plus de trente ans, pour vous servir…

    [et je m’inscris aussi en faux absolu contre cette affirmation en ce qui me concerne, mais j’étais toute nouvelle, et pas conne non plus. Pas assez pour ne pas voir que certains, et j’ajouterais, une majorité en faisait le moins possible.]

    [« Je serais curieux de savoir dans quelle administration vous travaillez. Parce que dans la mienne, ce n’est certainement pas le cas. » Je ne travaille plus dans la fonction publique, je ne fais que suivre ce qui s’y passe de loin. (La magistrature, pour ne pas la nommer)]

    Je ne comprends pas très bien. Vous ne travaillez pas dans la fonction publique, vous « suivez de loin »… et cela vous permet après seulement 67 semaines de suivi de constater que « les fonctionnaires en font le moins possible » ? Ne pensez-vous pas que c’est un tout petit peu rapide, comme conclusion ?

    [La hiérarchie, veut et souhaitera toujours que ses subordonnés soient médiocres.]

    Si c’est un dogme, il n’y a rien à redire. Si ce n’est pas un, j’attends avec impatience une démonstration rationnelle de ce principe. Mon expérience, c’est qu’avoir des subordonnés médiocres n’est pas très rentable. Cela vous met en danger vis-à-vis de votre chef à vous, parce que le travail risque d’être mal fait. Pour vous protéger, vous êtes obligé de contrôler en permanence et, in fine, de faire le travail vous-même. Dans le service public, vous avez au contraire intérêt à avoir des subordonnés le plus compétents et brillants possibles, d’autant plus que grâce à la logique des « corps » vos subordonnés n’ont pas la possibilité de prendre votre place…

    [Si je devais choisir une citation d’Einstein, ce serait : « Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. »]

    100% d’accord. Mais relisez l’échange que nous avons eu plus haut :

    [« Et si elle est en faillite et ne tient ses promesses, c’est parce qu’elle a fait un certain nombre de choix auxquels vous avez participé… » Vous n’allez tout de même pas me dire, comme je le présume, que c’est ma faute ? Que la ploutocratie à laquelle nous participons n’y est pour rien ?]

    La citation d’Einstein répond à votre question : oui, c’est votre faute, parce que vous avez « laissé faire »…

    [« Et si « nous n’avons pas d’autre choix », ce n’est pas à cause d’on ne sait quelle « stupidité fonctionnelle », mais tout simplement parce que le monde est fait comme ça. » Ce n’est pas parce que le monde est ainsi fait que je dois l’accepter.]

    On peut toujours refuser la gravitation, mais si vous sautez par la fenêtre elle se rappellera fatalement à vous.

    [Il n’est question ici que de reconnaissance et de bien-être psychologique trop souvent ignorés par ceux d’en haut.]

    Juste par curiosité, vous même vous vous considérez comme faisant partie de « ceux d’en haut » ou de « ceux d’en bas » ?

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  4. Avatar de Letizia Doria
    Letizia Doria

    Je me permets moi aussi de rebondir une dernière fois sur votre commentaire…

    [Mon point de vue est, que l’on soit caissière de supermarché, femme de ménage ou polytechnicien : chacun a le droit, je dirai même le devoir de vivre la vie qu’il veut, avec le travail qu’il désire s’il en a les capacités, la qualité de vie se trouve là.]

    J’ai bien spécifié « s’il en a les capacités », qu’elles soient intellectuelles ou financières. Et cela clos le chapitre entier.

    [Sauf que ce « cheminement », quelqu’un l’a payé. Pendant ces neuf ans, quelqu’un a payé les professeurs, les locaux d’enseignement. Ne vous sentez vous pas en dette envers ces gens qui ont financé ces neuf ans d’études – souvent des gens qui, eux, n’ont pas eu la chance de pouvoir en faire ? L’idéalisme, c’est bien joli quand quelqu’un d’autre assume la partie matérielle…]

    Je ne me sens, mais alors, pas du tout en dette envers qui que ce soit, non pas envers ces gens, mais envers l’état, nos impôts et taxes servent à cela.

    [Pas « votre » faute, mais « notre » faute. La « ploutocratie à laquelle nous participons » n’est pas tombée du ciel, elle n’a pas été mise en place par ces gens venus de la planète Zorg, mais par des dirigeants que nous avons élus.]

    Vous voulez sûrement dire « que vous avez élu ». Parce que moi, je me trouve devant le fait accompli et ne vois pas pourquoi je prendrai la responsabilité des votes de mes anciens.

    [Oui, mais pas seulement. Vous êtes aussi privilégiée parce que vous vivez dans un pays où vos concitoyens payent avec leurs impôts des professeurs et locaux d’enseignement que chacun peut fréquenter en fonction de ses vertus et de ses talents avec un coût minimal.]

    Un coût minimal, c’est beaucoup dire parce que je n’ai pas vu beaucoup d’étudiants modestes arriver à les suivre, je n’en ai même vu aucun à l’ENM.

    [et cela vous permet après seulement 67 semaines de suivi de constater que « les fonctionnaires en font le moins possible » ? Ne pensez-vous pas que c’est un tout petit peu rapide, comme conclusion ?]

    Non seulement je l’ai constaté, mais on me l’a même conseillé. Quand je me suis plainte à la hiérarchie d’avoir 120 dossiers à suivre au lieu de 60, on m’a dit de laisser de côté les dossiers les moins pertinents, de les classer sans suite, de ne pas trop me prendre la tête. Belle mentalité n’est-ce pas ?

    [Si je devais choisir une citation d’Einstein, ce serait : « Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. »]

    [La citation d’Einstein répond à votre question : oui, c’est votre faute, parce que vous avez « laissé faire »…]

    Je n’ai rien laissé faire puisque j’étais dans le ventre de ma mère. J’ai trouvé une société toute faite. C’est le fait que je sois rétive sur les choix que « vous » avez fait, avec comme conséquence ce monde mortifère qui vous chagrine ? Je serais responsable pour la société à venir, pas pour l’état des lieux lamentable que j’ai trouvé.

    [Juste par curiosité, vous-même vous vous considérez comme faisant partie de « ceux d’en haut » ou de « ceux d’en bas » ?]

    Je ne me considère ni en haut, ni en bas, j’ai fait le choix de n’avoir ni patron, ni subordonnés. Je m’y retrouve très bien, travaille 28 heures par semaine de quatre jours pour des revenus presque quatre fois supérieurs à ceux que j’avais en étant fonctionnaire. C’est là que vous allez me pointer du doigt dans les médias comme un parasite profiteur ?

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