Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

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J’aime Spinoza !

J’aime Spinoza parce qu’il est l’un des seuls philosophes à avoir développé une philosophie de l’individu et construit une pensée de la raison luttant contre les croyances obscurantistes. Son combat fut l’un de ceux qui inspirèrent l’esprit des Lumières.

Quand je lis les journaux, ce que je constate, c’est un déferlement d’irrationalisme, c’est la montée des intégrismes religieux et des problèmes qu’ils posent aux États. C’est un désarroi total, j’entends dire que la science est impuissante ou dangereuse, que les Lumières conduisent à Auschwitz, ce qui sous-entend que l’obscurantisme est la vérité.

L’individu de Spinoza se définit d’abord par son corps, par les événements, intérieurs et extérieurs, qui l’affectent et qui, en même temps, transforment l’idée du corps, et métaphoriquement l’âme, c’est-à-dire l’estime de soi.

C’est peut-être parce que j’y trouve un regard « neuf » sur des dimensions de la réalité qui m’intéresse et une façon d’aborder les problèmes de notre époque en rupture avec les démarches à la mode. C’est la distance de Spinoza, son éloignement, qui en fait un bon révélateur de mes préjugés et de mes illusions.

S’il est normal que les historiens de la philosophie, dont c’est le métier, s’intéressent à lui, pourquoi tant de psychanalystes, de sociologues et d’économistes en font-ils autant ? Sûrement parce que son œuvre est à revisiter d’urgence face à l’irrationalisme, à l’individualisme et à l’intégrisme qui marquent notre époque. Le seul moyen de surmonter ce qui nous déplaît ou nous angoisse, c’est de le connaître, l’ignorance ne sera jamais une solution.

Comme moi, il se posait la question : « pourquoi l’habitude que nous avons de justifier nos comportements par leurs fins nous fait-elle croire que toutes les choses du monde sont des moyens pour des fins. ». Et « pourquoi nous fait-elle chercher, puisque nous n’avons pas créé ces choses nous-mêmes ».

Spinoza, contrairement à moi ne dénonçait pas la religion comme une imposture, mais il réclamait la liberté de penser et il attendait de l’état le contrôle ferme des institutions religieuses pour les empêcher d’opprimer les citoyens. Il a cherché quelles sont les racines anthropologiques de la croyance. Pourquoi la simple reproduction de la vie humaine, avec ses alternances de prospérité et d’adversité, engendre-t-elle inépuisablement la crainte de l’avenir et la recherche effrénée des signes qui pourraient permettre de l’interpréter ?

De son point de vue, comme du mien, la durée de la vie humaine apparaît comme un itinéraire avec une finalité, marqué par la répétition ou la conversion, par les vagues successives des passions ou par l’accession à la Raison.

Je suis sûre que notre siècle aurait sans doute quelque chose à apprendre d’une philosophie qui nous dit à la fois que l’individu est central et qu’il n’est pas transparent. Que la vision qu’il a de lui-même relève souvent plus de l’imaginaire que de la lucidité et que ce que nous croyons le plus intime à nous-mêmes n’est parfois que l’imitation des affects d’autrui.


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Une réponse à « J’aime Spinoza ! »

  1. Avatar de Jrmynice
    Jrmynice

    Bonjour Letizia,

    bel article sur ce philosophe si souvent méconnu. surtout avec un prénom tel que le sien. Ce bon vieux Baruch.
    Bonne journée

    J’aime