Dire que j’ai été blessée, ou que je me suis blessée moi-même à un moment donné, est un doux euphémisme. En ce sens, il est probable que le préjudice ait été conscient en ce qui me concerne.
La rencontre, à sa demande, avec ma mère biologique m’a permis d’accepter ce qui s’était passé et d’affronter ce moment où le seul remède a été de le faire. J’ai accordé à mon histoire une trop grande importance dans ma jeunesse.
Actuellement, vu le développement pris par la suite de cette rencontre, je considère que j’ai été naïve en me berçant d’illusions et en idéalisant la famille.
Je ne veux plus qu’il m’arrive des événements négatifs qui brisent mon équilibre émotionnel et me font me sentir dans un abîme sans issue. Je comprends que chaque circonstance est digne de respect, mais je veux cesser de réfléchir sur les miroirs du passé et tourner mon visage vers ce qui compte vraiment. Et ce n’est pas la famille en ce qui me concerne.
Comme j’ai remercié ma mère adoptive de m’avoir abandonnée quand j’avais huit ans. Comme j’ai remercié ma famille d’accueil de m’avoir donné le sens des valeurs et des responsabilités. Comme j’ai remercié ma psy de m’avoir ouvert grand les yeux et l’esprit. Et surtout de m’avoir appris que la haine n’aide pas, que les rancunes accumulées et que cette éternelle question du « pourquoi moi » me condamnent à perpétuité.
Je me dois maintenant de remercier ma famille biologique qui n’a vu en moi que le reflet de leur péché. Ma mère biologique en premier, de m’avoir abandonnée, me laissant loin des bénitiers dans lesquels elle a fini par se noyer. De remercier ma sœur biologique d’être partie sans mots-dire, telle une voleuse après que je l’ai accueillie chez moi pour faciliter ses études, trouvé un stage, logée, nourrie, vêtue, etc. Je la remercie aussi d’avoir fait le ménage de sa chambre et aussi les carreaux avant de partir.
Je remercie aussi mon frère biologique de m’avoir complètement ignorée, sans doute trop accaparé par les fabuleuses aventures que relate son livre de chevet, la bible pour ne pas le nommer.
Pour assainir mes émotions, me libérer des plus néfastes et m’ouvrir à une guérison authentique, je dois les évacuer, les partager, en parler, me défouler. Mais cette idée a certaines nuances à prendre en compte parce que tout le monde ne peut pas « comprendre » ce que j’ai vécu. J’ai en effet remarqué que, s’agissant de valeurs familiales où religieuses, trop souvent, partager ce qui fait mal avec certaines personnes a tendance à aggraver la situation.
Il me faut donc savoir à qui parler. J’ai choisi de me parler à moi-même au travers de ce blog.
Je sais, je suis trop romantique, même quand j’envoie chier, je le fais toujours de bon cœur…







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