Les petits billets de Letizia

Un blog pour donner à réfléchir, pas pour influencer… #SalesConnes #NousToutes


Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

Manger seule, une tare ?

Pouvoir sortir une seule assiette et m’asseoir pour déjeuner… À 24 ans, étant célibataire, cela ne me semblait même pas envisageable, même si je travaillais de chez moi. J’utilisais ce moment pour répondre aux e-mails, établir une stratégie… J’absorbais souvent un sandwich, rapidement, devant l’ordinateur, sans grande conscience de ce que je faisais. Jeune juriste, je pensais que je n’avais pas le choix, que la rentabilité était une exigence. Je pensais que manger convenablement n’était possible que si j’y consacrais du temps. Ou si cela est susceptible de représenter un intérêt commercial, par exemple.

 j’ai appris par une amie qu’il existait une communauté appelée « Colunching », un concept semblable au « covoiturage ». Alors, j’ai effectué des recherches, j’ai trouvé ce que je cherchais et je me suis intégré à la communauté des « colunchers ». Le fonctionnement est, on ne peut plus simple, grâce à internet, on se donne régulièrement rendez-vous dans un restaurant pour déjeuner, se rencontrer, échanger, s’entraider… Au commencement, je n’y suis pas allée dans le but de rompre avec la solitude et mes mauvaises habitudes. J’ai d’abord considéré cela comme une excellente opportunité de « réseauter » pour mon business, et au fil des rencontres, j’ai pu établir des liens. Depuis, quand je les rejoins à l’heure du déjeuner ou du dîner, je sais que c’est aussi pour m’offrir une pause, un moment de convivialité qui me ravit mon palais et me fait du bien en me réinscrivant dans une certaine normalité.

Je dois l’admettre, manger seule est toujours un défi, même si les aliments pré-portions invitent à cela dans notre société actuelle. J’ai beau m’y faire, ou le subir, je me pose souvent la même question : pourquoi est-ce si compliqué de se nourrir quand on est seul ?

Aujourd’hui, à 31 ans, toujours célibataire par choix de vie, je continue à participer occasionnellement au « Colunching » quand je suis en voyage d’affaires. Ainsi, j’ai cessé de me blâmer et j’ai même retrouvé le désir de me faire plaisir, seule. J’ai compris que la croyance selon laquelle nous devons manger ensemble pour être en bonne santé est fausse, et que l’image de la famille réunie autour d’une bonne table est un fantasme, une vision purement idyllique. Si ma mémoire est bonne, dans mon enfance, les repas en famille étaient trop fréquemment l’occasion de reproches et de remarques plutôt que de pur bonheur. Il vaut mieux manger seul que mal accompagnée… n’est-ce pas ?

À présent, j’apprécie de cuisiner pour moi-même, de mettre la table, et m’y asseoir pour déguster mes bons petits plats, en solitaire. Je mange équilibré, de tout, sans produits allégés, sans produits « ultratransformés », le tout accompagné d’un verre de vin de qualité. Alors, je prends même plaisir à débarrasser la table après avoir dégusté mon expresso. Ainsi, même si je n’ai pas pu souhaiter un « Bon appétit » au début du repas, cela n’enlève rien au fait que je l’ai apprécié.

En conclusion, manger seul ne doit pas être considéré comme un fardeau ou une punition. C’est un choix que j’assume entièrement et qui me réjouit, car il témoigne de la qualité de la relation que j’entretiens avec moi-même. Il m’est aussi, bien sûr, très agréable de partager un moment convivial autour d’une table en bonne compagnie.

La justesse des décisions que nous prenons dépend beaucoup de notre capacité à nous écouter et à prendre le temps de nous recentrer sur nous-mêmes pour mieux ressentir ce qui nous semble être juste au moment présent. Peu importe ce qu’en pensent les autres et la nécessité que l’on s’impose trop souvent d’être conforme à ce qu’ils attendent de nous. L’histoire d’une émancipation en somme !


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