Paradoxalement, j’ai le souvenir de deux comportements contraires lors de mon enfance après avoir su que j’étais une enfant adoptée. Le premier est un comportement de dépendance excessive envers mes parents adoptifs. Le second est le besoin de me distancer émotionnellement de ces derniers…
Maintenant, je sais que les enfants adoptés ont, et encore plus parce qu’ils sont adoptés, un autre droit fondamental : connaître leurs origines. Bizarrement, je n’ai jamais ressenti ce besoin lors des deux comportements. Mon histoire personnelle et mes origines ne m’ont jamais hantée.
Actuellement, suite au contact initié par ma famille adoptive il y a plus de neuf mois, j’en suis toujours à évaluer la situation pour consolider mon identité et compléter mon histoire personnelle. Les contacts que j’ai avec ma famille biologique se font de manière informelle, via les moyens de communication modernes (courriels et téléphone) et n’ont aucun impact sur mes états d’âme.
J’ai accueilli ma sœur biologique durant tout un mois, en espérant que notre sororité nous apporte une relation apaisée, mais ce ne fut qu’un mois à échanger des banalités. Mon frère biologique lui m’a totalement ignorée. Quant à ma mère, elle m’a « vendu » un père danois (Sûrement en découvrant ma blondeur…) que l’analyse de mon ADN réfute.
L’excès de déceptions, de rancunes silencieuses contre certains comportements, de paroles prononcées ou de silences m’ont refroidie. Le manque de confiance a fait que la distanciation affective s’est installée. Elle est née du choc de valeurs et d’attentes inconciliables, et bien sûr, comme à toute personne qui a subi un abandon parental à des difficultés pour me lier émotionnellement à d’autres personnes.
Que je le veuille ou pas, cet abandon a laissé d’une certaine manière des messages et des idées dans mon esprit. Je n’arrive pas à faire preuve d’assertivité avec eux : la composante émotionnelle me freine. Je n’ai pas peur de les vexer d’une manière ou d’une autre, je préfère alors me taire, et je déteste ça !
Aujourd’hui, je réagirai de la meilleure façon… J’ai décidé d’accorder ma totale indifférence à ma famille biologique, de couper tous les ponts qui pourraient nous relier. Il est plus que temps de mettre fin à ce que je ne veux pas.






Laisser un commentaire