Je ne saurais pas comment définir l’amour si l’on me le demandait, en raison des nombreuses significations attribuées à ce terme. C’est pourquoi il serait plus judicieux de commencer par définir ce que l’amour n’est pas.
Parler d’amour dans toutes ses formes d’expression est un sujet très complexe à cause des utilisations abusives de ce mot dans des situations qui, en réalité, sont très différentes les unes des autres. Compte tenu de la complexité du concept, je préfère mettre l’accent sur ce que l’amour n’est pas, plutôt que de chercher une définition possible.
L’amour, s’il est défini, n’est pas de l’amour, ni sa propriété, car ce que nous possédons nous appartient, nous ne pouvons pas enfermer l’amour ou l’attraper, ni même une pensée, l’amour ne consiste pas seulement à penser à l’autre, mais à le montrer et à le ressentir. Un intérêt ? S’il y a un intérêt, il n’y a pas d’amour, l’amour est simplement un sentiment pur. Un besoin ? L’amour ne doit pas être utilisé pour combler les manques de l’ego. Temporaire ? Il n’est pas en nous, il se trouve toujours dans le moment présent.
Le couple ne se limite pas à l’aspect purement conjugal, mais à la liberté qu’ils partagent. À se promettre l’un à l’autre, mais à agir ensemble. À signer un bout de papier, mais à garder ses libertés. De plus, l’amour ne nécessite pas de démonstrations affectives, mais une communication efficace. Il n’est pas attaché aux masques que nous portons ou à l’image que nous avons de l’autre. La neurochimie n’est pas à l’origine du sentiment amoureux.
Tomber amoureux est un phénomène très complexe, car il s’agit d’un état transitoire qui implique une altération au niveau des neurotransmetteurs (la dopamine et la noradrénaline augmentent tandis que la sérotonine diminue) L’effet lié à ces altérations est très comparable à une addiction aux drogues. Avant de prendre des décisions importantes, il est préférable d’attendre que cet état passe. Les relations qui durent sont celles qui sont capables de surmonter cette phase transitoire jusqu’à atteindre l’étape de la camaraderie.
Certaines personnes ont une telle identité de groupe qu’elles préfèrent un symbole, un drapeau ou une idéologie à une personne, ce qui les divise et les fait se sentir spéciales. Ce sont des carences liées à la peur d’aimer, car l’amour bouleverse tout ce que nous pensions sûr.
Au fil du temps, les libertés se cachent et les jugements, l’orgueil et les egos se renforcent. On ne peut pas enfermer l’amour dans un temple, une secte, une religion, une mode, un rite ou une philosophie. Certains considèrent que l’amour est le résultat d’un travail, mais ce travail consiste à prendre plus qu’à donner.
C’est pareil avec les passions. On nous apprend à aimer le résultat, pas le processus. Cela nous éloigne de la beauté de la passion naturelle qui prend naissance d’un comportement désintéressé, d’une réaction face à l’harmonie avec l’environnement qui nous entoure. Nous devons mettre fin à toute condition qui nous empêche d’aimer pleinement et nous montrer à nous-mêmes et aux autres la capacité que nous avons de l’amour.
Nombreuses sont les fois où nous confondons besoin et amour. Nombreux sont les adolescents qui commencent une relation parce que leurs amis sont en couple et pensent alors qu’être en couple, c’est mieux, plutôt que d’apprendre à gérer la solitude, la peur, le rejet, la protection… Cela montre comment l’attachement peut nous rendre dépendants d’une autre personne et nous faire croire que nous aimons l’autre d’un amour profond.
Puisque l’amour est libre, l’attachement est un obstacle à l’amour. C’est un concept sur lequel il faudrait travailler. Les libertés nous renforcent ; les dépendances nous éloignent de l’amour. Ne soyons pas dépendants, aimons. L’amour disparaît quand l’ego prend le dessus.
En conclusion, l’amour semble apparaître quand l’égo et le besoin d’attention disparaissent.







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