Les petits billets de Letizia

Un blog pour donner à réfléchir, pas pour influencer… #SalesConnes #NousToutes


Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

Ma peur de l’abandon…

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’un sujet qui me tient particulièrement à cœur : l’abandon. J’ai personnellement vécu cette expérience très dure à plusieurs reprises, et je sais à quel point cela peut laisser des traces profondes et persistantes.

La première fois par l’abandon par mes parents biologiques. Pour faire simple, je suis née sous « X ». Mes parents adoptifs ne m’ayant pas informée, je l’ai appris dans une cour de récréation grâce à la férocité d’une chipie de mon âge, quelques jours après mon entrée à l’école primaire. Elle scandait : « Ta maman n’est pas ta maman. Elle t’a trouvé dans une poubelle… ». Bientôt repris par les autres enfants.

Cette découverte a déclenché en moi une sensation de honte, d’insécurité, d’angoisse et un sentiment d’abandon émotionnel. Malheureusement, cette sensation ne s’est pas dissipée avec le temps. Mes parents adoptifs, bien qu’ils soient présents physiquement, semblaient éternellement absents émotionnellement. Et quand mes parents ont finalement divorcé, ma mère a abandonné ses droits sur moi. Je ne peux préjuger du pourquoi, mais je me doute que c’est à cause de la froideur qui s’est installée entre nous à cause du rejet que j’ai fait les concernant. Cette nouvelle rupture a renforcé mes peurs et mes angoisses.

À la suite de ce divorce, nous avons changé de région et vécu dans une grande ville. Mes ami·e·s d’enfance, coupables de « je ne sais pas quoi », ont été balayés dans mon esprit. Remplacés par d’autres « innocent·e·s ! ». J’ai essayé de me rapprocher de mon père, mais un fossé s’était creusé entre nous. Mais, malgré ça je me sentais en sécurité.

Son décès soudain suite à une infection nosocomiale m’a foudroyée et mise dans une colère folle. Ce nouvel abandon a laissé d’une certaine manière des messages et des idées dans mon esprit. « Je ne serais jamais aimée. La solitude est mon unique refuge. Personne n’est digne de confiance. »

Ces abandons en cascade m’ont éloignée de la réalité et de mes pensées. J’ai compris, bien plus tard que ressentir la peur d’être abandonnés à un moment par ceux que j’aimais est bien compréhensible, notamment parce que j’avais déjà souffert de cette situation auparavant. Ce qui est pathologique est en fait l’anxiété.

J’ai compris, grâce à ma psy que la peur de l’abandon est une crainte primaire. Et qu’il ne faut pas laisser mes pensées obsessionnelles prendre le dessus en étant persuadée du fait que j’allais être abandonnée encore et encore.

Finalement, la seule chose qui m’a aidée fut de savoir que je n’étais responsable de rien. Je sais que cette peur de l’abandon est une prison, un espace fermé et asphyxiant qui boycotte toutes mes relations. Je ne cherche plus à surmonter la peur de l’abandon. Bien au contraire, j’accepte cette peur telle qu’elle est, comme quelque chose de normal. Cela ne veut pas dire que je ne suis pas vigilante ou que je ne travaille pas sur moi-même pour améliorer mes relations.

En résumé, la marque de l’abandon, qu’elle soit physique ou émotionnelle, laisse des traces profondes et persistantes. C’est un sentier large et tortueux que je choisis de traverser seule.

Je vous souhaite à tous une belle journée, remplie d’amour et de soutien.


En savoir plus sur Les petits billets de Letizia

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire