Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

La presse généraliste : une espèce en voie d’extinction ?

Bienvenue sur mon blog ! Aujourd’hui, je souhaite aborder un sujet important qui touche de nombreux titres de la presse généraliste régionale « imprimée » en France.

Attablé·e·s au comptoir, je sirotais mon élixir sans alcool, posée sur mon perchoir de bar, quand soudain, tel un énergumène tout droit sorti d’une comédie de Molière, un individu bien éméché fit irruption. Il exhibait des yeux vitreux et un nez rubicond, symboles évidents d’une relation excessive avec Bacchus. Sa grande préoccupation, aussi sonore qu’un orchestre en pleine répétition, était le prétendu plan social qui frapperait de plein fouet le journal régional « Nice-Matin ». Selon ses divagations éthyliques, le rejeton de Xavier Niel, nommé « Ocelot », allait faire une grande lessive au sein du journal, entraînant du même coup son éviction.

Je me pris alors à penser si cet homme n’était pas plus enivré par ses propos que par son breuvage. Mais, après tout, n’est-ce pas l’apanage des âmes tourmentées de trouver quelques sujets de complainte, fût-il aussi farfelu soit-il.

Notre bouillant personnage s’éclipsa précipitamment, sans doute pour répandre la nouvelle à la populace assoiffée de commérages.

Quant à moi, je me pris à réévaluer mon jugement hâtif à son encontre. Mais diable, quelle ne fut pas ma surprise quand, à ma grande stupéfaction, un ami journaliste du précité « Nice-Matin » me confirma l’authenticité de ses dires. Il semblerait que notre homme tient le rôle de polichinelle dans cette tragi-comédie.

Je savais bien que d’autres feuilles de chou, telles que « La Provence » ou « Le Midi Libre », préparaient leur propre marmite à remous sociale. Un brin curieuse, je me mise à fouiner davantage et découvris que bon nombre de ces titres de la presse généraliste régionale « à l’ancienne » se trouvaient dans la même tourmente. « La République du Centre-Ouest », « La Voix du Nord », « Le Dauphiné libéré » et bien d’autres encore, tous naufragés sur le même radeau de la crise. Mais pourquoi donc, me demanderez-vous ?

À y réfléchir un tantinet, je dénichai moult raisons qui me laissent croire que la presse généraliste est désormais une espèce en voie d’extinction, vouée à la disparition. La première et plus incontournable de ces raisons, c’est la transition fulgurante de l’information vers le numérique. Avec l’avènement d’Internet, nos lecteurs se sont mis à préférer les nouvelles en ligne, laissant choir les exemplaires imprimés tels de vieux manuscrits oubliés, tandis que les recettes publicitaires des gazettes papier se sont évaporées comme rosée au soleil. L’adaptation fut le maître mot, mais l’adaptation s’avéra souvent un casse-tête labyrinthique.

Le modèle d’affaires traditionnel, bâti sur les abonnements et la pub, fut sérieusement ébranlé par cette concurrence numérique vorace. Les annonceurs, tel un troupeau de moutons, ont préféré gambader sur les prairies numériques et les réseaux sociaux, abandonnant les colonnes papier au silence. Qui plus est, quantité de sites d’info en ligne servent leurs nouvelles à la volée, gratuitement, tel un festin pour des affamés de clics.

Le foisonnement de sources d’information en ligne a entraîné une fragmentation du lectorat. Désormais, les lecteurs se confectionnent leur menu d’actualités sur mesure, choisissant leurs sources en fonction de leurs opinions et de leurs lubies, transformant ainsi les médias généralistes en vieux scribes racontant des légendes d’un autre temps.

Mais le plus préoccupant, me semble-t-il, est la méfiance grandissante envers les médias, alimentée en partie par la polarisation politique et les accusations d’impartialité dans la couverture médiatique régionale. Cette crise de confiance a mené bon nombre de citoyens à remettre en question l’objectivité de la presse généraliste, imprimée comme en ligne, comme si le journal était devenu le bouffon de la cour royale.

Voilà, mes amis, la fable des temps modernes, où le papier se fait rare et la confiance encore plus rare. Ainsi, dans ce monde en mutation constante, la presse généraliste semble être devenue une espèce en danger, courant le risque de sombrer dans les abysses de l’histoire, à moins que l’humour de l’ébriété ne lui vienne en aide. Pagnol aurait sans doute trouvé matière à raconter maintes histoires sur ce tragi-comique adieu aux journaux papier.


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