Chères lectrices, chers lecteurs,
Il y a quelques jours, je partageais avec vous mes réflexions sur l’insécurité qui règne dans notre société. Et voilà que, comme un sinistre clin d’œil du destin, cette insécurité s’est concrétisée hier soir. Après une réunion pour la préparation d’une course en faveur de « Octobre Rose », nous avons été confronté·e·s, mon amie et moi, à deux « gentlemen » qui se sont crus permis de nous aborder de la manière la plus crasse qui soit. Des avances sexuelles directes, crues, sans filtre, dans un français bancal, mais clair dans ses intentions.
Nos refus, empreints de l’indignation légitime qui accompagne ce genre d’agression, ont été accueillis avec des insultes violentes : « putes », voilà le mot qu’ils ont choisi pour nous définir. Parce que, dans leur logique perverse, une femme n’est jamais autre chose, peu importe qu’elle dise oui ou non. Si nous avions accepté leur « offre », nous aurions été traitées de la même manière. Toujours réduites à cette insulte ignoble qui reflète non pas ce que nous sommes, mais bien ce que ces hommes pensent être en droit de nous imposer.
Il m’est difficile de garder une certaine cohérence lorsque la colère gronde en moi. Comment rester rationnelle quand on est envahie par cette fureur sourde face à l’injustice quotidienne d’être une femme dans un monde qui s’évertue à nous réduire à des objets de désir ou de mépris ?
Ces deux hommes, leur attitude, leur violence verbale, tout cela en dit long. Non pas sur leurs faciès ou leur culture, qui pourrait, à première vue, servir d’excuse à certains. Non. Ce qui se cache derrière leurs visages n’est pas le cœur du problème. Ce qui est insupportable, c’est que ce genre de comportement, je l’ai trop souvent vu, et qu’à chaque fois, il s’agit des mêmes profils et faciès. Alors, devrais-je faire semblant de ne pas voir ce schéma qui se répète, encore et encore ?
On nous dit qu’il faut s’adapter, apprendre à vivre avec, comprendre, ne pas stigmatiser. Mais à quel moment a-t-on décidé que les femmes devaient vivre avec ça comme si c’était normal ? Qu’il nous fallait accepter ces agressions parce que c’est, paraît-il, « l’opinion à la mode ? » Et voilà que certains iraient jusqu’à nous faire culpabiliser. M’excuser ? Pour quoi exactement ? Pour avoir été en colère ? Pour avoir refusé d’être traitée comme un objet ?
Je ne m’excuserai jamais d’être une femme libre. Je ne m’excuserai jamais de me battre pour être respectée. Et je ne laisserai jamais ces insultes ou ces comportements me faire douter de ma valeur ou de celle de mes consœurs.
Ce que je retiens de cette énième agression, c’est que nous avons encore un long chemin à parcourir. Mais je refuse de baisser les bras. À toustes celleux qui nous disent de nous taire ou de nous excuser, voici ma réponse : nous ne nous tairons pas, et nous ne nous excuserons pas d’exiger le respect auquel nous avons droit.
Ensemble, nous pouvons faire la différence. N’oublions pas que chaque voix compte dans la lutte contre l’insécurité et les discriminations. Merci de m’avoir accordé votre attention et votre soutien.







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