Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

Les Premières Amours Invisibles, Les Premiers Crush

Christiane

Chères lectrices, chers lecteurs,

Aujourd’hui, je voudrais partager avec vous une part de mon passé, un souvenir qui continue de résonner en moi malgré les années qui ont passé. Des émotions si vives qu’elles restent gravées, comme des cicatrices tendres sur l’âme. À 33 ans, je me surprends encore à penser à cet amour secret que j’ai porté à 12 ans pour une fille de 13 ans, un sentiment qui, à l’époque, me semblait aussi mystérieux qu’inaccessible.

Elle portait toujours des jupes en jean. C’était sa marque, comme un petit étendard de liberté que je n’arrivais pas à saisir. Ses cheveux, parfois ébouriffés par le vent, encadraient son visage d’une manière que je trouvais irrésistible. Je l’observais de loin, dans la cour de l’école, sans oser l’approcher. Elle riait, elle parlait avec les autres, alors que moi, je restais en retrait, plongée dans mon silence. Elle ne savait même pas que j’existais, ou si elle le savait, c’était à peine un regard distrait qu’elle jetait dans ma direction. Pourtant, dans mon cœur, elle était tout.

À cet âge-là, il est difficile de comprendre ce qui nous bouleverse à ce point. Les autres parlaient de crushs, de garçons et de premiers baisers. Je ressentais ce désir ardent de connaître cette fille, de me rapprocher d’elle, de faire partie de son monde. Mais, je n’osais pas, parce que tout ça me semblait… différent. Une partie de moi se sentait un peu étrangère dans ce tourbillon d’émotions. Était-ce normal de ressentir cela pour une autre fille ? Les réponses étaient floues, et personne ne parlait de ces sentiments-là.

Il est compliqué de découvrir son identité à un âge aussi tendre, surtout quand nos émotions paraissent dévier de la norme que l’on nous présente. À 12 ans, j’étais loin d’avoir les mots ou le courage pour explorer ce que je ressentais. Tout était flou, et pourtant si intense. Ce que je savais, c’était que chaque sourire, chaque geste de cette fille en jean allumait une étincelle en moi. Une étincelle qui m’effrayait autant qu’elle m’envoûtait.

En grandissant, je me suis rendu·e compte que ces premières amours, qu’elles soient partagées ou unilatérales, qu’elles soient pour une fille, un garçon ou une personne non-binaire, nous préparent à l’amour adulte. Elles nous montrent à quel point aimer est une force, même quand cet amour n’est pas réciproque ni visible. Elles nous apprennent à naviguer dans les eaux parfois tumultueuses du désir, de l’attente, du doute.

Je n’ai jamais oublié Christiane. Elle représente ce premier élan de passion, un souvenir doux-amer de ce que c’est que d’aimer une personne qui ne sait même pas que vous existez. Aujourd’hui, avec du recul, je m’aperçois que cet amour était pur, même dans son invisibilité. Il n’avait pas besoin de correspondance pour être réel, il n’avait pas besoin d’être exprimé pour être valable. Il était, tout simplement.

L’amour, qu’il soit de jeunesse ou d’âge mûr, transcende les genres, les époques, les attentes. Ce que je retiens de cette expérience, c’est que l’amour n’a pas besoin de se conformer à une norme pour être beau. C’est un voyage, parfois solitaire, parfois partagé, mais toujours enrichissant.

Et vous ? Quels souvenirs gardez-vous de vos premiers amours ? Ces sentiments secrets et souvent maladroits qui vous ont marqué·e et qui, d’une manière ou d’une autre, vous ont façonné·e ? Je serais ravie de lire vos récits et d’échanger sur la manière dont nous avons toustes navigué dans ces eaux, avec espoir, confusion et, toujours, une pointe de mélancolie.


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