Réflexions D’une Réfractaire Des Tombes
Chers lecteurs et chères lectrices,
Aujourd’hui, je vais aborder un sujet un peu délicat, mais qui me tient à cœur : les cimetières. Je l’avoue sans honte : je n’aime pas les cimetières. Et là, avant que certain·e·s me traitent de sans-cœur, laissez-moi expliquer ce qui me gêne dans ces lieux de recueillement et de recouvrement en pierre froide. Non, ce n’est pas la vue des fleurs fanées ni l’idée de rencontrer un corbeau à chaque coin de marbre (quoiqu’un peu, quand même), mais bien le « culte » qu’on y pratique. Oui, le mot est dit !
Ce culte familial du souvenir m’échappe totalement. J’ai du mal à voir comment un amas de béton – souvent très bien entretenu, certes, merci le marché des pompes funèbres – pourrait vraiment rendre hommage à la vie trépidante d’un être cher. Et soyons honnêtes, ce n’est plus du tout qu’une question de foi : croyants et athées se rassemblent pour la Toussaint, jour sacré des morts, dans une union solennelle où il n’est plus permis de rire, où le sacré prend tout l’espace, comme si chaque fleur de chrysanthème lançait un ultime « Amen ».
Et pourtant, qu’est-ce que je trouve ironique, cette scène des tombes alignées comme des petites maisons en rangée dans une banlieue de pierre. Si les morts attendent leur résurrection là-dessous, alors ils doivent vraiment être très patients (et j’espère pour eux qu’ils sont bons au jeu du morpion céleste, pour passer le temps). Certains disent que ce rituel des tombes est rassurant, un rappel doux et apaisant de ceux qui nous ont quittés. Peut-être. Mais, moi, à chaque fois que je vois une tombe, je me dis surtout : « Est-ce que c’est vraiment là que je voudrais passer l’éternité ? Sous terre, dans une boîte bien carrée, avec vue sur les pierres et les allées de graviers ? » Ma réponse est simple : non, merci !
Je suis plus convaincue par une fin qui soit utile. Incinération ou compost humain ? Les deux m’iraient très bien ! Si on me donnait le choix, je serais d’ailleurs prête à nourrir les plantes et à laisser la nature reprendre ce qu’elle m’a prêté. Peut-être qu’un jour, on nous proposera des options funéraires un peu plus modernes, comme de devenir un petit jardin d’herbes aromatiques en boîte, qui sait ? (Note aux pouvoirs publics : il y a là un marché à exploiter !)
En conclusion, chacun sa mort et chacun sa mémoire ! Je ne dis pas qu’il faille renoncer au souvenir de ceux qu’on aime, mais que chacun le fasse à sa manière, loin des cases imposées. Qu’en pensez-vous ? Avez-vous, vous aussi, des réserves sur ces cultes funéraires ? Partagez votre avis, je suis curieuse d’entendre comment vous vivez cet étrange rendez-vous annuel avec la tombe.
À bientôt pour de nouvelles réflexions,







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