Les criques que l’on croyait secrètes transformées en parkings à bains de soleil. Les sentiers où seul le vent passait autrefois, balafrés par des hordes de randonneurs et randonneuses peu regardant·e·s. Et ces villages où l’été semblait avaler le silence, où les boutiques fermaient l’hiver, vidées d’une vie qui n’existait que pour la saison.
J’ai compris que j’étais complice de ce déséquilibre le jour où un vieil homme, assis devant sa maison, m’a lancé un regard narquois :
– « Ah ! Encore un·e qui vient chercher l’authenticité et repart avec une photo ».
Ça m’a piqué. Parce que c’était vrai.
Mes Erreurs De Touriste Inconsciente
J’ai fait comme tout le monde : louer une voiture pour tout voir en quelques jours, manger une nourriture standardisée dans des restos qui ne connaissaient même pas le nom de leurs fournisseurs, acheter des souvenirs (locaux ?) fabriqués à des kilomètres d’ici, souvent en Chine.
J’ai marché sur des sentiers fragiles, j’ai laissé ma clim tourner sans y penser, j’ai cru que mon passage ne laisserait pas de trace. J’avais tort.
Alors j’ai changé. Lentement, maladroitement, mais sûrement.
Voyager Autrement : Conseils Pour Un Tourisme Respectueux
Si vous aimez un lieu, protégez-le. C’est simple et pourtant si souvent oublié.
– Privilégiez les hébergements locaux : chambres d’hôtes, petits hôtels tenus par des familles, ou encore agritourismes. Votre argent reste sur place, et souvent, l’accueil y est bien plus sincère.
– Mangez et achetez local : un fromage acheté directement au producteur, un couteau forgé par un artisan, un verre de vin bu dans une cave familiale… Ce sont ces choix qui font vivre un territoire.
– Voyagez lentement : inutile de courir d’un spot Instagrammable à un autre. Prenez le temps de marcher, de parler avec les habitant·e·s, de sentir le vent dans les châtaigniers, les odeurs du maquis.
– Respectez les lieux : un sentier fermé l’est pour une raison. Un site naturel fragile n’a pas besoin de votre passage. Apprenez à regarder sans toucher, à admirer sans déranger.
Un Tourisme Durable : L’équilibre Entre Touristes Et Résident·e·s
Un jour, dans un petit village du Cap-Corse, j’ai demandé à une dame âgée si le tourisme ne la dérangeait pas. Elle a haussé les épaules avec un sourire :
– « Tout dépend. On veut bien partager, mais pas disparaître ».
Tout était dit. Nous sommes invité·e·s sur cette terre, pas propriétaire·rice·s de son paysage ni de ses traditions.
Voyager autrement, c’est comprendre ça. C’est accepter de ne pas tout voir, de ne pas tout prendre. Et peut-être, au passage, d’y gagner quelque chose de plus précieux encore : une vraie rencontre.







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