Quand Le Fou-Rire S’invite Dans Ma Vie
J’ai toujours cru que j’étais une personne relativement maîtrisée. Le genre de personne capable de garder son sérieux en toutes circonstances, qui sait réprimer un sourire quand la situation l’exige. Et pourtant…
L’autre jour, alors que je marchais tranquillement sur la promenade des Anglais, tentant d’adopter une démarche digne et posée (comme si quelqu’un me regardait, évidemment), une antique 4L m’a doublée dans un raffut indescriptible. L’aile avant droite semblait s’accrocher à la voiture par la seule force du destin, et une épaisse fumée noire s’échappait de l’échappement en lâchant des petits hoquets ridicules. La scène aurait pu rester anodine si, dans mon cerveau malicieux, un souvenir d’enfance n’était pas venu s’y greffer : Fernand.
Fernand, c’était ce camarade de primaire dont le corps tout entier semblait orchestré par un chef d’orchestre ivre. Il avait une patte folle, rotait et pétait simultanément avec une régularité fascinante et une insouciance désarmante. Ce jour-là, en voyant cette 4L donner son dernier souffle comme un héros fatigué, j’ai eu une révélation : cette voiture, c’était Fernand.
C’est là que mon fou-rire a explosé. Pas un petit gloussement discret, non, une véritable crise. Celle qui vous coupe le souffle, qui vous fait plier en deux, qui transforme votre visage en une œuvre expressionniste incontrôlable. Les passants me regardaient avec un mélange d’amusement et d’inquiétude. Une dame a même ralenti, hésitant sans doute entre appeler une ambulance ou me donner un biscuit.
Le fou-rire, c’est cette tempête joyeuse qui balaye tout sur son passage, sans prévenir. Un ascenseur émotionnel où mon sérieux fond comme un sorbet en plein soleil. J’ai remarqué qu’il surgit souvent quand je suis en tension, comme un mécanisme de survie mal calibré. Une réunion trop formelle, une conversation trop solennelle, et soudain, un détail absurde s’immisce dans mon esprit. C’est fichu.
J’ai bien essayé plusieurs techniques pour le calmer : se mordre l’intérieur de la joue (ça fait juste mal), penser à des trucs tristes (ça ne fonctionne jamais), respirer profondément (entre deux hoquets, c’est compliqué). En vérité, je crois qu’il n’y a pas de solution miracle. À part peut-être l’acceptation.
Parce qu’au fond, qu’est-ce qu’un fou-rire sinon une preuve éclatante de notre humanité ? Une soupape qui nous rappelle que la vie est un peu absurde et qu’il vaut mieux en rire. Alors oui, parfois, j’ai honte. Parfois, je pleure de rire dans des endroits où je ne devrais pas. Mais franchement, qu’est-ce que ça fait du bien !







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