Les petits billets de Letizia

Un blog pour donner à réfléchir, pas pour influencer… #SalesConnes #NousToutes


Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

De La Jalousie À La Joie : Cheminer Vers La Compersion

Et Si, Au Lieu D’envier Le Bonheur Des Autres, On Choisissait De S’en Réjouir Sincèrement ?

Il m’est arrivé, plus souvent que je ne l’aurais souhaité, de ressentir cette brûlure familière.

Ce pincement au cœur lorsque je vois une amie s’épanouir dans une relation nouvelle, ou un collègue rayonner sous les projecteurs d’un succès que je pensais convoiter. J’ai longtemps navigué entre envie et jalousie sans vraiment faire la distinction, jusqu’au jour où j’ai rencontré un mot aussi doux qu’inattendu : la « compersion ».

Jalousie Et Envie : Deux Sœurs Aux Visages Distincts

L’envie, je la connais bien. Elle se glisse parfois dans mon quotidien, insidieuse. C’est ce moment où je vois une autre femme vivre ce que je n’ai pas encore atteint – liberté professionnelle totale, visibilité publique, amour épanoui. L’envie, c’est une tension vers un idéal projeté.

La jalousie, elle, est plus rare pour moi, mais elle existe. Elle se manifeste comme une peur de l’exclusion, du désintérêt, de ne pas être assez. Même en étant célibataire assumée, certaines dynamiques sociales (les couples « parfaits », les succès en duo) viennent réveiller cette vieille impression d’être à côté de la plaque.

Mais ces émotions ne sont pas des fautes. Ce sont des messagères. Et j’ai appris à les écouter sans culpabilité.

La Compersion, Un Mot Qui M’a Secouée

J’ai découvert la compersion en lisant un essai sur les nouvelles formes de relations amoureuses (More Than Two, Franklin Veaux & Eve Rickert). L’idée m’a d’abord semblé utopique. Se réjouir sincèrement du bonheur d’autrui – même s’il ne me profite pas ? Même s’il me rappelle ce que je n’ai pas (encore) ?

Et pourtant… le mot m’a touchée. Moi qui ai toujours valorisé l’autonomie, l’amour libre (au sens large), l’affection sans possession, j’ai vu là une voie possible. La compersion, c’est un renversement radical de regard. Une façon d’aimer – ou d’être – sans se comparer, sans se contracter.

Quand La Compersion Devient Un Choix Conscient

Récemment, une amie très proche est tombée amoureuse. Le genre de passion fulgurante qu’on lit dans les romans. Mon premier réflexe a été un petit serrement. Pas par désir de vivre la même chose, mais parce qu’une partie de moi s’est sentie mise à distance.

Puis j’ai respiré. Et j’ai choisi autre chose. Je lui ai écrit un message, sincère, pour lui dire combien j’étais heureuse de la voir si rayonnante. Et en le faisant, j’ai senti un basculement. Une joie douce, paisible. Celle de l’amour sans rivalité.

Cette pratique de la compersion, je l’exerce aussi dans d’autres sphères : quand une collègue décroche un prix, quand une amie lance un projet qui cartonne. C’est une façon d’élargir le cœur sans perdre de vue qui je suis.

Les Embûches D’un Chemin De Conscience

On ne va pas se mentir : parfois, c’est difficile. Il y a des jours où l’ego rugit, où la solitude pèse plus fort, où les récits sociaux nous hurlent que « réussir » c’est cocher des cases précises. Dans ces moments-là, la compersion ne vient pas naturellement.

Mais j’ai appris à accueillir ces zones de frottement comme des révélateurs. Comme le dit si bien Tara Brach, psychologue et enseignante en pleine conscience :

« L’acceptation radicale, c’est dire oui à l’instant présent, tel qu’il est ».

(Source : Brach, T. Radical Acceptance, 2003)

Dire oui à l’émotion, mais aussi à l’élan d’amour que je peux choisir malgré elle.

Comment Cultiver La Compersion Au Quotidien ?

1. Faire la paix avec soi. Plus je suis en paix avec mon parcours unique, moins je me compare.

2. Réécrire mes récits. Qui a dit qu’être seule, c’est être « moins » ? Je déconstruis.

3. Célébrer les autres activement. Encourager, complimenter, applaudir. Pas par politesse, mais par choix.

4. Pratiquer l’attention pleine. Être vraiment présente aux bonheurs des autres – sans projeter les miens.

Une Liberté Émotionnelle Douce Et Féconde

Être célibataire ne me rend ni incomplète ni en compétition avec qui que ce soit. Et apprendre à me réjouir sincèrement du bonheur des autres, c’est aussi affirmer que je suis assez. Que ma vie, dans sa richesse propre, mérite d’être honorée sans se mesurer à aucune autre.

La compersion, au fond, n’est pas seulement une émotion : c’est une posture de vie. Une ouverture à l’autre sans crainte de se perdre. Une façon puissante d’aimer, sans attente de retour.

 


En savoir plus sur Les petits billets de Letizia

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire