Ou Comment J’ai Compris Qu’on Disait Souvent « Oui » Pour De Très Mauvaises Raisons (Et Qu’on Appelle Ça De L’amour… Ou De La Démocratie).
Il paraît qu’il faut s’engager. En amour, en politique, dans la vie. Être fidèle, loyale, stable, constante. Et surtout : croire. Croire que cette fois, ce sera différent. Comme si signer un contrat – marital ou électoral – suffisait à donner du sens à tout ce bazar existentiel.
Je l’ai cru. Comme on croit au Père Noël un peu trop longtemps parce que c’est rassurant. Et puis un jour, j’ai compris que mon mariage ressemblait à un vieux programme électoral. Promesses en vitrine, austérité en coulisses.
Mariage Et Politique : Même Combat (Ou Même Illusion ?)
Au fond, tomber amoureuse et voter pour un candidat, c’est un peu la même histoire : on est séduit·e par une belle déclaration d’intention, un sourire bien placé, quelques grandes idées vaguement progressistes. On dit « oui » en espérant un avenir meilleur. Et puis… on découvre les vices cachés.
Dans une étude publiée par Psychology Today, on apprend que les raisons invoquées pour se marier sont souvent plus sociales que personnelles : pression familiale, besoin de reconnaissance, peur de finir seule avec un chat (ce qui, franchement, n’est pas la pire option).
Et si on arrêtait de confondre promesse de stabilité et acte de foi ?
La Sexualité Comme Opposition Parlementaire
Pendant que les couples traditionnels s’épuisent à faire semblant d’être heureux à la Saint-Valentin, des alternatives discrètes – mais vivantes – émergent. Le polyamour, l’asexualité, la pansexualité… toutes ces identités qu’on regarde souvent comme des anomalies ou des lubies.
Pourtant, selon une étude de l’université Cornell (2020), près d’un tiers des jeunes adultes se reconnaissent dans des formes de sexualité non normées.
Ces sexualités-là, ce sont un peu les partis d’opposition dans un hémicycle amoureux trop policé. Elles existent, elles dérangent, elles questionnent – donc on les caricature.
Le Porno Comme Meeting Politique : Grand Spectacle, Zéro Programme
Et puis il y a ce petit théâtre de marionnettes qu’on appelle le porno. Une autre scène politique à sa manière. Beaucoup de gestuelle, des cris qui sonnent faux, des effets spéciaux douteux. Et au final, une déconnexion totale de la réalité.
Tout comme un débat politique sur BFM un soir d’élection : des postures, peu de fond, et une audience prise en otage.
On nous promet la jouissance collective, on récolte l’ennui personnalisé.
Ce Que Les Engagements Révèlent (Ou Cachent)
Pourquoi s’obstine-t-on à croire que dire « oui » – à un homme, à un parti, à une idée – nous sauvera ? Peut-être parce qu’on a peur du vide. Du flottement. De l’incertitude. Et pourtant, c’est souvent là que réside la vérité.
Je ne me suis jamais mariée. Du moins, jusqu’à ce que je réalise que j’avais surtout coché une case : celle de la femme accomplie.
Le problème, ce n’est pas l’engagement. C’est le mensonge qui l’entoure.
Liberté, Égalité, Sexualités
Et si on réécrivait nos propres constitutions intimes ? Si on choisissait d’aimer sans échéance, de désirer sans étiquette, de construire sans contrat notarié ? Ce n’est pas un projet utopique, c’est un retour à soi. Une révolution douce.
Comme le dit très justement la sociologue Irène Théry : « L’amour n’est pas l’ennemi du droit. Il est l’ennemi de la rigidité. »
Alors, je propose qu’on abolisse le carcan et qu’on invente un nouveau modèle. Pas forcément à l’image de l’État, mais à celle de notre vérité.
Conclusion
Être fidèle à soi-même, même sans bague au doigt (ni étiquette politique)
Je ne rejette ni l’amour, ni la démocratie. Je rejette leur caricature. Ce simulacre de liberté déguisé en devoir. Parce que l’engagement n’a de sens que s’il est libre. Et qu’il faut parfois dire non pour pouvoir enfin se dire oui.







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