Les petits billets de Letizia

Un blog pour donner à réfléchir, pas pour influencer… #SalesConnes #NousToutes


Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

Et Si On Sortait Enfin Du Tunnel ?

 Pourquoi Réduire Le Sexe À La Pénétration Nous Fait Passer À Côté De L’essentiel – Et Comment (Re)Penser L’intimité Autrement.

« Mais vous n’avez pas couché ensemble, alors ? » Cette question m’a été posée un jour, presque comme une accusation, alors que je venais de raconter une soirée d’intimité bouleversante, pleine de frissons, de rires, de peau contre peau… mais sans pénétration. Comme si rien n’avait eu lieu. C’est là que j’ai compris à quel point notre imaginaire sexuel était surgénitalisé – ce mot un peu barbare qui désigne cette étrange manie de ramener toute sexualité à un seul acte : la pénétration. Comme si le reste n’existait pas, ou comptait moins. Et si, au fond, on se racontait l’amour intime avec une seule note, en oubliant toute la mélodie ?

D’où Vient Cette Obsession De La Pénétration ?

Le mot « sexe » lui-même est piégé. On l’emploie pour dire l’acte, l’identité, l’organe. Mais souvent, quand on dit « ils ont eu une relation sexuelle », on veut dire qu’il y a eu pénétration. Point. Ce raccourci vient de loin : des constructions sociales qui valorisent l’acte « performant », la religion qui a longtemps associé plaisir et péché (surtout pour les femmes), et bien sûr, la culture patriarcale où le sexe commence quand l’homme est prêt… et finit quand il a joui. Chez moi, cette norme s’est glissée sans frapper : dans les conversations d’ados, les magazines féminins des années 2000, les premières fois racontées comme des passages obligés, pas des explorations. Longtemps, j’ai cru que le vrai sexe ne pouvait exister qu’à travers l’acte génital. Et donc que je n’existais pas vraiment sans ça.

Les Médias Et La Pornographie : Des Scénarios Trop Bien Rodés

Quand j’étais ado, j’ai appris le sexe comme on suit une recette : un peu de baisers, des caresses vite expédiées, puis pénétration, gémissements, et rideau. Que ce soit dans les films grand public ou dans le porno mainstream, le schéma est le même. Pas de place pour les lenteurs, les silences, les zones oubliées, les corps qui ne rentrent pas dans le cadre. Résultat : j’ai souvent eu l’impression d’être « hors scénario ». Quand le désir prenait d’autres chemins, quand je n’avais pas envie de « passer à l’acte », je culpabilisais. Comme si j’étais en panne, ou pas normale. Alors qu’en réalité, j’étais juste… humaine. Et peut-être déjà en train d’aimer autrement.

Et Si On Redéfinissait L’intimité ?

Il m’est arrivé de vivre un moment incroyablement fort avec un homme – une nuit de proximité, de regards, de jeux, de souffles et de rires. On n’a pas « couché ensemble », au sens classique du terme. Mais ce fut l’une des expériences les plus sensuelles de ma vie. Il y avait de l’écoute, de la curiosité, de la tendresse. Et surtout, une absence totale de pression. C’est là que j’ai commencé à comprendre : la sexualité peut être un champ vaste, créatif, infini. Elle peut inclure les caresses, les mots, les frissons, les mains qui apprennent. Comme le dit la sexologue Camille Bataillon : « La pénétration est une option, pas une finalité. » Et si on osait enfin sortir de la routine pour danser sur d’autres partitions ?

Obstacles Et Résistances

Changer de regard, ce n’est pas si simple. Il y a les attentes de l’autre, les habitudes ancrées, les scripts jamais remis en question. Il y a aussi mes propres résistances : cette peur de ne pas être “suffisante”, de ne pas faire ce qu’il faut. Mais j’apprends, encore aujourd’hui, à désapprendre. À écouter mon corps, sans performance. À dire, à demander, à proposer. Ce n’est pas un chemin tout droit, c’est une spirale douce. Et il n’y a pas de règle unique : chaque couple, chaque personne, peut inventer ses propres gestes. Ce que je retiens, c’est qu’on ne gagne rien à rester dans le silence. Le plaisir, ça se cultive, ça se découvre, ça se crée ensemble.

Conclusion – Une Invitation À Élargir Nos Horizons Érotiques

Déconstruire la centralité de la pénétration, ce n’est pas faire une guerre au sexe, c’est s’offrir plus de liberté, plus de nuances, plus de plaisir. Et si on redéfinissait le sexe comme un terrain de jeu, un langage multiple, une rencontre fluide ? J’ai découvert ainsi la bisexualité… Sortir du tunnel, ce n’est pas renoncer, c’est ouvrir la porte à tout un monde qu’on avait oublié de regarder. Alors, on tente ?

 


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