Et Si Le Destin N’était Qu’une Histoire De Choix Assumés ?
Il m’est souvent arrivé de m’interroger sur ce que le mot « destin » recouvre vraiment. Est-ce un fil invisible que l’on suit malgré soi, ou une suite de choix conscients que l’on façonne pas à pas, parfois dans l’ombre de nos peurs ? Cette question me hante depuis une période de ma vie où j’ai eu l’impression de tout subir. Comme si les choses m’arrivaient sans que j’en sois l’autrice, comme si les événements s’écrivaient sans moi.
La lecture récente d’un article m’a donné à réfléchir. Il y était question de notre rapport au destin, et surtout de la manière dont nous en déléguons souvent la responsabilité. L’idée centrale est percutante : le destin n’est pas une fatalité mais un terrain de jeu mouvant où chacun·e peut devenir acteur·rice de sa propre trajectoire. Cette vision responsabilisante fait écho à une conviction que j’essaie de cultiver au fil de mes écrits : nous avons le pouvoir de choisir, d’évoluer, de renverser ce qui semblait inéluctable. Rejeter la faute sur le destin, c’est parfois un moyen confortable d’éviter de faire face à ses choix.
L’article insistait aussi sur un point essentiel : les limites que nous percevons dans notre vie sont très souvent mentales. Nous construisons des barrières avec nos croyances, nos conditionnements, nos blessures passées. Et si apprendre à vivre, c’était aussi apprendre à déconstruire ? À nommer nos peurs pour mieux les défier ? J’ai retrouvé là une vérité que j’expérimente moi-même : il est souvent plus difficile d’accepter que nous avons le choix que de croire que tout est écrit à l’avance.
Il y a quelques années, j’ai dû prendre une décision qui m’a effrayée. Quitter un emploi stable pour une voie plus incertaine, mais infiniment plus alignée avec mes valeurs. Je me suis heurtée à mes doutes, à cette petite voix intérieure qui murmurait que ce n’était pas raisonnable. Pourtant, en me reconnectant à ce que je voulais profondément, j’ai trouvé le courage de me lancer. Cette décision, que d’aucun·e aurait pu attribuer au « hasard » ou à une « opportunité », était en réalité le fruit d’un long cheminement intérieur.
Stephen Crane disait : « Celui qui peut changer ses pensées peut changer son destin ». Cette phrase m’accompagne encore. Elle résonne avec l’idée que nos pensées, si elles sont portées par la peur, nous enferment, mais qu’elles peuvent aussi nous libérer lorsqu’elles s’ancrent dans la volonté et la confiance. À travers mes expériences, j’ai compris que chaque choix, même minuscule, est une affirmation de mon pouvoir. Le quotidien devient alors une succession d’actes de foi envers soi-même.
Si j’ai choisi de partager ce sujet ici, c’est parce qu’il traverse nombre de nos questionnements. Sur Bavardages de Letizia, je m’efforce d’explorer les chemins intérieurs qui nous rendent plus libres, plus conscient·e·s, plus vivant·e·s. Cette approche du destin, non comme un scénario écrit mais comme une œuvre à co-écrire, rejoint ma quête personnelle d’authenticité et de résilience. Elle invite à transformer chaque obstacle en point d’appui, chaque incertitude en possibilité.
Je crois profondément que penser le destin autrement, c’est déjà commencer à s’en affranchir. Nous ne maîtrisons pas tout, bien sûr. Mais il nous revient d’agir là où nous le pouvons, de choisir quand c’est possible, et de résister à l’idée que nous serions condamné·e·s à subir.
J’aimerais que cet article suscite une réflexion intime chez chacun·e. Quel rôle jouez-vous dans le récit de votre propre vie ? Quels choix évitez-vous par crainte ou par habitude ? Et si aujourd’hui devenait le moment où vous reprenez le fil de votre histoire ? Je serais ravie de lire vos impressions et vos témoignages en commentaire. Partageons nos manières d’envisager le destin, de le bousculer, de le faire nôtre.







Laisser un commentaire