Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

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L’Apprentissage En Question : Une Réforme À Double Tranchant

Quand La Promesse D’Égalité Se Heurte À La Réalité Du Marché

Mon amie se souvient encore de ce jour où, en tant qu’enseignante, elle a vu l’étincelle dans les yeux d’un·e élève découvrant sa passion pour la mécanique. C’était dans un lycée professionnel de la banlieue nord de Marseille, où chaque réussite est une victoire contre les déterminismes sociaux. C’est cette conviction que l’école peut être un levier d’émancipation qui m’anime et me pousse à questionner les réformes actuelles de l’apprentissage.

La réforme de l’apprentissage, initiée par la loi du 5 septembre 2018, visait à rendre cette voie plus attractive et accessible. Elle a permis une augmentation significative du nombre d’apprentis, notamment grâce à la création de nouveaux Centres de Formation d’Apprentis (CFA) et à une diversification de l’offre de formation. Cependant, cette expansion rapide a également engendré des fragilités. Le financement public, désormais attribué en fonction des besoins du marché du travail, a favorisé les CFA privés et les entreprises, au détriment parfois de la qualité de la formation et de l’accompagnement des apprentis. ([Source])

Cette orientation utilitariste de l’apprentissage soulève des interrogations. L’éducation ne devrait-elle pas viser avant tout l’épanouissement de l’individu, la formation de citoyen·ne·s éclairé·e·s, plutôt que de répondre uniquement aux besoins économiques immédiats ? En privilégiant les formations répondant aux exigences du marché, ne risque-t-on pas de négliger des domaines essentiels à la société, mais moins rentables ?

L’école doit rester un espace d’émancipation, où chaque jeune peut développer son esprit critique et sa créativité. Or, la réforme actuelle semble s’éloigner de cette vision. Les contenus pédagogiques sont parfois appauvris, et l’accent mis sur l’employabilité immédiate peut limiter la capacité des jeunes à se projeter dans des parcours diversifiés et enrichissants. J’ai vu des élèves brillants se détourner de leurs aspirations initiales faute de perspectives dans leur domaine de prédilection, sacrifiant leur passion sur l’autel de la rentabilité.

Le discours politique met en avant la « liberté de choix » offerte par l’apprentissage. Cependant, cette liberté est souvent illusoire pour les jeunes issu·e·s de milieux précaires. Le coût de certaines formations, les difficultés d’accès à des entreprises partenaires, ou encore le manque de soutien peuvent constituer des obstacles insurmontables. Plus de la moitié des moins de 25 ans qui travaillent ont un contrat précaire, ce qui reflète une réalité bien éloignée de la promesse d’égalité des chances. ([Source])

Face à ces constats, il est essentiel de résister. Par l’écriture, la transmission et la pensée, nous pouvons proposer une autre vision de l’éducation. Il est urgent de revaloriser les lycées professionnels, de mieux articuler apprentissage et enseignement général, et de renforcer les droits des jeunes en alternance. Chaque acteur·rice de l’éducation peut, à son échelle, militer pour une école plus humaine et inclusive.

En conclusion, la réforme de l’apprentissage, bien qu’animée de bonnes intentions, présente des dérives inquiétantes. Elle risque de creuser les inégalités et de réduire l’éducation à une simple réponse aux besoins du marché. Il est de notre responsabilité collective de veiller à ce que l’école reste un lieu d’émancipation pour toustes. Je vous invite à partager vos expériences, vos réflexions, et à contribuer à cette nécessaire réinvention de notre système éducatif.

 


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