Les petits billets de Letizia

Un blog assertif, pour donner à réfléchir, pas pour influencer…


Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

Revenir À La Rencontre De Soi Et De L’Autre

S’autoriser À S’ouvrir À Nouveau Sans Se Perdre

Je repense souvent à cette soirée d’hiver où, après une discussion avec une amie, je me suis surprise à prononcer cette phrase : « Je crois que je pourrais avoir envie d’aimer à nouveau ». C’était un murmure, presque timide, comme si mes propres mots me faisaient peur. Depuis quelque temps, je sentais que quelque chose changeait en moi. Une forme de curiosité douce renaissait, mêlée à l’appréhension légitime qu’impose le fait de se réengager dans une dynamique affective. Ce sujet me touche, car il fait écho à une période où j’ai dû, moi aussi, réapprendre à écouter mes besoins, à apprivoiser mes craintes, et à envisager une rencontre non pas comme une fuite, mais comme une continuité de moi-même.

En lisant récemment un guide bienveillant sur ce thème, j’ai retrouvé cette idée essentielle que revenir dans le monde des rencontres ne devrait jamais être une fuite en avant, mais un retour en soi avant toute chose. L’auteur·e y propose une approche structurée autour de trois étapes clés : évaluer sa disponibilité émotionnelle, définir ses intentions relationnelles, et considérer chaque rencontre comme une opportunité d’apprentissage. J’ai particulièrement apprécié la douceur du ton et l’aspect pratico-réflexif de certains passages, notamment ceux incitant à se poser des questions simples mais puissantes : « Suis-je encore dans le regret ou puis-je accueillir la nouveauté sans attendre qu’elle guérisse mes anciennes blessures ? ». Ces mots m’ont rappelé combien il est crucial de ne pas chercher à remplir un vide, mais à reconnaître que l’on a, à nouveau, envie de partager.

Je me souviens très clairement du moment où je me suis posée, seule, face à cette interrogation simple : « Est-ce que je suis prête ? ». Ce n’était pas une question rhétorique, ni une stratégie d’évitement. C’était un vrai arrêt sur image, une pause volontaire dans ce flot de stimuli et d’attentes. Ce que j’ai compris alors, c’est que le corps sait souvent avant l’esprit. J’avais encore des réflexes de protection, une peur vague mais tenace de revivre certaines blessures. Et pourtant, en acceptant ce trouble, en le laissant exister sans le fuir, j’ai commencé à avancer. Ce n’est pas la rapidité du retour qui compte, mais sa justesse.

Avec le temps, j’ai appris à mieux identifier mes propres repères. Poser mes limites ne signifiait pas ériger des murs, mais me rappeler ce que je voulais vraiment. J’ai vécu une situation où la personne en face de moi souhaitait une relation « sans prise de tête », là où j’avais besoin d’un lien solide, enraciné. Le dire n’a pas été facile. J’avais peur de paraître exigeante, inflexible. Pourtant, ce moment de clarté m’a permis de rester fidèle à ce que j’attends d’une relation. Affirmer ses besoins n’est pas une fermeture à l’autre, c’est une ouverture à soi.

Chaque rencontre m’a laissée avec quelque chose, même celles qui, à première vue, semblaient inabouties. Il y a eu ce rendez-vous avec une personne charmante, attentive, mais qui ne partageait ni mes valeurs ni mon rythme. Je me suis longtemps demandée si j’étais trop sélective. Puis j’ai compris que ce n’était pas une question d’exigence, mais de justesse. Cette rencontre m’a permis de confirmer que je cherchais une présence, pas une distraction. Elle m’a aussi appris à mieux décoder mes propres signaux, à ne pas forcer une connexion qui ne résonne pas.

C’est à travers cette lente maturation que j’ai embrassée ce que j’appelle aujourd’hui « avancer avec lucidité, intention et ouverture à l’apprentissage ». C’est une manière de rester en mouvement tout en conservant un ancrage profond. Dans une époque marquée par la rapidité, les applications et la course au contact, choisir la lenteur et la conscience devient presque un acte de résistance intime. J’ai compris que chaque avancée vers l’autre commençait nécessairement par une avancée vers soi.

Ce que je retiens de ce chemin, c’est qu’il n’y a pas de bonne ou mauvaise manière de revenir aux rencontres. Ce qui compte, c’est de ne pas trahir ce que l’on ressent. J’encourage chacun·e à ne pas céder à la pression de « tourner la page » trop vite, à préférer la sincérité au conformisme. Il n’y a aucune honte à avoir besoin de temps. Aucune urgence à effacer ce qui a été. Le respect de soi est le meilleur terreau pour toute relation authentique.

Et vous, où en êtes-vous dans ce chemin vers l’autre ? Est-ce une idée encore floue, une intention qui germe, ou une réalité déjà en marche ? Je serais touchée de lire vos partages, vos hésitations ou vos élans. Car ce sont ces fragments de récits qui, ensemble, dessinent les contours d’une humanité plus douce et plus lucide. Chaque histoire est unique et mérite d’être racontée sans peur ni masque.


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