Vers Une Transformation Humaine Et Systémique D’un Service Public en Crise
Je suis convaincue que la question de la protection de l’enfance occupe une place essentielle dans notre société, tant sur le plan humain que politique. En tant que citoyenne attentive aux enjeux de justice sociale, je ressens profondément l’urgence de faire évoluer l’Aide sociale à l’enfance, un dispositif en tension, face à la vulnérabilité extrême d’enfants souvent invisibles.
Le constat est implacable : un système à 9,8 milliards d’euros, qui prend en charge près de 381 000 mineurs, peine à prévenir les maltraitances et à offrir une égalité des chances ([Source]). Face à cette situation, j’ai choisi de proposer une approche structurée autour de trois leviers indissociables : investir, prévenir, structurer. Ce triptyque, qui sera le fil rouge de mon propos, se veut à la fois exigeant et réaliste.
L’article de Frustration à l’origine de cette réflexion ([Source]) pointe les limites du dispositif actuel : surcharge des travailleurs sociaux, carences structurelles et détresse des enfants. Le récit de Maria, prise dans une maltraitance institutionnelle manifeste, marque les esprits et sonne comme une alerte collective. Le ton est tranchant, engagé, destiné à réveiller les consciences et provoquer une mobilisation citoyenne.
Ces constats résonnent en moi, tant ils font écho à des témoignages plus nombreux que ne le laissent supposer les chiffres officiels. Dans certaines régions, on ignore jusqu’à la mise en œuvre des décisions de justice, faute de place ou de moyens . Cela dérive rapidement en une maltraitance systémique.
Investir massivement dans les ressources humaines, matérielles et financières est le premier pilier de cette stratégie. Il ne s’agit pas seulement d’augmenter les budgets, mais de revaloriser la profession, d’assurer un recrutement pérenne, une formation continue, des salaires dignes. Cela renforce la sécurité émotionnelle des éducateurs et éducatrices, condition indispensable à une prise en charge de qualité ([Source], [Source]).
Prévenir les ruptures constitue le deuxième axe. Il faut repérer plus tôt, renforcer l’accompagnement familial, éviter les « sorties sèches » à 18 ans, sources de fragilisation profonde ([Source]). Les dispositifs d’action éducative en milieu ouvert doivent être développés, coordonnés et adaptés, avec des parcours sur mesure pour limiter les traumatismes.
Structurer le système nationalement est l’outil qui rendra l’action cohérente et équitable. Le CESE réclame une gouvernance rénovée, un pilotage interministériel, et un cadre clairement défini pour chaque département afin de mettre fin aux disparités territoriales ([Source], [Source]). Cela implique coordination entre justice, santé, éducation, social, mais aussi suivi transparent des parcours d’enfant.
Prenons le cas de Maria : si ces trois piliers avaient été mis en place, elle aurait pu bénéficier d’un encadrement stable, d’un accompagnement préventif, et d’un suivi national structuré, évitant le sentiment d’abandon. Ces logiques sont applicables à des milliers d’enfants placés ou en famille d’accueil, victimes collatérales d’un système déséquilibré.
Ces propositions s’inscrivent dans mes valeurs de vigilance citoyenne, d’inclusion et de soin. Elles réaffirment l’importance d’une responsabilité collective. En repensant l’ASE de manière holistique, nous affirmons que tout enfant mérite un accueil digne, un accompagnement adapté, un avenir sécurisé.
Il est temps de transformer cette indignation en action concrète. En tant que lecteur·rice, vous pouvez sensibiliser, témoigner, soutenir les professionnel·le·s, contribuer à la construction d’un service de l’enfance plus humain et plus juste. Ensemble, nous pouvons impulser une évolution durable.
Je vous invite à partager vos expériences, vos réflexions, vos questionnements pour enrichir ce débat et œuvrer pour un changement partagé. Merci de votre attention et de votre engagement.







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