Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

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Réseaux Sociaux Et Mineurs : Interdire Ou Accompagner ?

Réseaux Sociaux Et Mineurs : Interdire Ou Accompagner ?

Une Réflexion Au-Delà Des Apparences

Les réseaux sociaux occupent aujourd’hui une place centrale dans l’univers quotidien des adolescent·e·s. Ils ne sont pas seulement des espaces de distraction, mais aussi de socialisation, d’expression de soi, et parfois même de soutien émotionnel. Pourtant, leur impact sur le développement des jeunes interroge, et face à une inquiétude croissante, la question de leur interdiction avant un certain âge ressurgit dans le débat public.

Faut-il interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineur·e·s, en particulier à celles et ceux de moins de 15 ans, comme le propose la loi française adoptée récemment ([Source]) ? Ou convient-il d’adopter une autre posture, plus éducative que répressive ? À partir d’une lecture croisée de plusieurs sources fiables et d’une mise en perspective à la lumière des valeurs qui guident ce blog, cette réflexion souhaite ouvrir un espace de nuance.

D’après une étude conduite par l’UCSF auprès de 9 000 jeunes de 9 à 13 ans, le temps passé quotidiennement sur les réseaux sociaux est passé de 10 minutes à plus d’une heure en quelques années, avec une corrélation significative avec les symptômes dépressifs, en hausse de 35 % ([Source]). Selon l’OMS, « 11 % des adolescent·e·s présentent un usage problématique », un chiffre plus élevé chez les filles que chez les garçons ([Source]).

Si ces données sont préoccupantes, elles doivent être interprétées avec prudence. Plusieurs expert·e·s, comme ceux·celles du Reach Institute, rappellent que l’usage modéré (entre 1 et 3 heures par jour) est parfois associé à une meilleure santé mentale et une socialisation élargie ([Source]). Il semble donc essentiel de distinguer les usages excessifs des pratiques équilibrées, et d’examiner les facteurs de vulnérabilité, tels que l’isolement social ou l’absence de cadre familial structurant.

Sur le plan politique, la France a adopté une législation imposant un consentement parental obligatoire pour les moins de 15 ans, posant la « majorité numérique » à cet âge. Cette loi, bien que saluée par certain·e·s, est aussi critiquée pour ses limites techniques et son manque d’harmonisation européenne ([Source]).

« Faut-il protéger les jeunes ou leur apprendre à se protéger ? » Voilà l’un des nœuds philosophiques de ce débat. Si l’intention de protection est légitime, une interdiction totale risque de s’apparenter à une forme de censure, qui nie la capacité des jeunes à se saisir du monde numérique avec intelligence et discernement. Ce blog défend une vision humaniste, attachée à la liberté responsable, à l’éducation, et à la construction de l’autonomie.

L’accompagnement des adolescent·e·s dans leurs usages numériques suppose de leur offrir les outils nécessaires pour développer un regard critique et conscient. Cela passe par des actions concrètes : intégrer l’éducation aux médias dans les programmes scolaires, renforcer les compétences des enseignant·e·s et des familles, et encourager les plateformes à créer des environnements sécurisés – comme le fait récemment Instagram avec ses « comptes adolescents » ([Source]).

Plutôt que d’instaurer un rapport de force ou de surveillance, il semble plus fécond de bâtir un espace de dialogue. Fixer des limites claires, coconstruites avec les jeunes, peut s’avérer plus efficace que des interdictions verticales. C’est dans cette confiance que s’enracine une pédagogie de la liberté.

Nombre d’études démontrent aussi les bienfaits possibles des réseaux, notamment pour les jeunes LGBTQIA+ ou en situation d’isolement, qui y trouvent des communautés de soutien et d’expression. Les réseaux sociaux peuvent ainsi devenir des vecteurs d’empowerment, à condition d’être fréquentés avec vigilance et accompagnement.

« Plutôt qu’une injonction verticale, donnons à nos enfants les clés d’un numérique vivant, conscient, et choisi ». Cette phrase résonne comme une invitation à ne pas céder à la peur, mais à faire le pari de l’intelligence collective, de la nuance, et de la coéducation.


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