Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

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Gaza : Les Ruines de la Mémoire Face au Brouillard de la Guerre

Gaza : Les Ruines de la Mémoire Face au Brouillard de la Guerre

Quand La Violence À Téhéran Cherche À Masquer Les 50 000 Morts De Gaza, Le Droit International Vacille Et Les Consciences S’insurgent.

Il est des silences qui hurlent plus fort que les discours. Et quand les bombes tombent sur Téhéran, beaucoup espèrent que la poussière effacera les décombres encore chaudes de Gaza. Pourtant, « aucune guerre avec l’Iran n’effacera les crimes commis par Israël à Gaza ». Cette phrase, que certain·e·s qualifieraient de radicale, pose une vérité dérangeante : détourner l’attention médiatique et politique ne revient pas à apaiser les consciences.

L’offensive menée par Israël contre Gaza depuis octobre 2023, en réponse aux atrocités commises par le Hamas, a causé une catastrophe humanitaire d’une ampleur sans précédent. Plus de « 50 000 morts », selon le ministère de la Santé de Gaza, des quartiers entiers rayés de la carte, des hôpitaux transformés en charniers, comme l’a documenté France 24 et confirmé par l’ONU dans son rapport A/HRC/56/26. Le silence des grandes puissances sur ce drame, pendant qu’Israël engage une guerre éclair contre l’Iran, est un choix politique. Un choix qui, volontairement ou non, cherche à enfouir sous d’autres ruines les témoignages de crimes potentiellement qualifiables de génocide, selon Amnesty International et Human Rights Watch ([Source]).

La stratégie israélienne, soutenue tacitement ou explicitement par des allié·e·s comme les États-Unis, s’ancre dans une logique de diversion. C’est ce que dénonce Jean-Loup Samaan dans une note de l’IFRI : « la guerre contre l’Iran permet à Israël de reprendre la main diplomatiquement et de masquer la désintégration morale provoquée par ses opérations à Gaza » ([Source]). L’Iran, régulièrement diabolisé, devient ainsi un écran commode. Mais toute stratégie qui cherche à faire oublier la mort de dizaines de milliers de civil·e·s est vouée à l’échec. Non seulement sur le plan éthique, mais aussi diplomatique et historique.

Les positions varient, bien sûr. D’un côté, les gouvernements occidentaux insistent sur la nécessité pour Israël d’assurer sa sécurité face à l’Iran, qualifié d’État terroriste par Washington. De l’autre, des voix critiques, venues du Sud global, de la société civile et même de certains cercles universitaires israéliens – comme l’historien Amos Goldberg dans Le Monde – dénoncent « un génocide structurel où Gaza n’existe plus » ([Source]). Ces lectures opposées ne relèvent pas d’un simple désaccord d’analyse, mais d’un clivage profond sur ce que signifie le droit international quand il s’applique – ou non – à un allié stratégique.

Il ne s’agit pas ici de hiérarchiser les douleurs, mais de refuser qu’une souffrance soit utilisée pour en couvrir une autre. Le danger de cette spirale est double : alimenter un cycle de violence sans issue et légitimer un ordre international où le droit cède devant la force. Cela affaiblit la justice internationale, creuse le fossé entre le Nord et le Sud, et délégitime durablement les institutions censées garantir la paix.

À l’heure où les diplomaties européennes tergiversent, la seule position cohérente et juste est de reconnaître les crimes, de renforcer les enquêtes internationales et de conditionner les relations bilatérales à la conformité au droit international. Il ne peut y avoir de paix sans mémoire, ni de sécurité sans justice. Gaza hante notre époque comme un cri que rien ne pourra étouffer. Pas même la fureur d’une guerre nouvelle.


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