Quand L’amour Du Sport Se Fait Interrompre Par Des Tartines De Réclame
Il y a des choses qu’on n’ose même plus appeler absurdes, tant elles semblent relever d’une logique qu’on ne comprend plus, mais qu’on subit quand même. Voilà ce qui se passe quand on s’installe pour regarder une étape du Tour de France, en espérant vibrer au rythme du peloton… et qu’on se retrouve prise·x en otage dans un « carrousel publicitaire » interminable, entre deux bribes de cyclisme. « J’ai payé pour ça ? » Pas besoin de poser la question : la réponse est « oui, et avec peu de gratitude ».
Le plus ridicule ? Ce ne sont pas des pubs habilement placées pendant les pauses naturelles de l’épreuve – non, on parle d’« interruptions sauvages, non signalées, brutales », en pleine échappée, en pleine attaque. L’expérience utilisateur·ice piétinée, désintégrée. Merci qui ? Merci Max, la plateforme du groupe Warner Bros Discovery, censée garantir une diffusion sportive fluide avec ou sans option pub. Il faudrait leur rappeler que « fluide ne veut pas dire floue ».
Depuis mai 2025, les témoignages d’abonné·e·s désabusé·e·s se multiplient sur les forums spécialisés comme ([Source]), ([Source]) ou Reddit. On y lit des phrases comme « je ne sais même plus ce que j’ai raté pendant les pubs », « c’est devenu insupportable », « même en changeant d’appareil, ça continue ». Et l’entreprise dans tout ça ? Rien. Silence radio. Aucune communication officielle, aucune transparence sur ce qui est manifestement une phase de test grandeur nature, menée sur le dos des passionné·e·s.
Le problème est bien plus vaste qu’une simple question de confort visuel. C’est une question de respect. On paie un service premium pour échapper au modèle publicitaire intrusif, pas pour se retrouver en train de hurler « encore une pub sur les pneus, sérieusement ? » devant son écran. Ce glissement n’est pas anodin. Il révèle une stratégie de monétisation agressive, où la rentabilité prime sur l’éthique, et où l’utilisateur·ice n’est qu’un œil disponible pour les annonceurs et annonceuses.
Certain·e·s y verront une évolution inévitable. D’autres, un test de résistance du consommateur. On parle ici d’un point de bascule : si le Tour de France, cette institution populaire par excellence, devient un terrain d’expérimentation publicitaire, qu’est-ce qui nous garantit que Roland-Garros, les JO ou les concerts en streaming n’y passeront pas demain ? Le marketing adore ses cobayes, surtout quand iels ne protestent pas trop fort.
La meilleure part ? Même en désactivant toutes les options pub dans les paramètres de l’application, certain·e·s spectateur·ice·s rapportent que « ça continue quand même ». Le choix de l’utilisateur·ice ? « Illusoire. Une illusion tarifée, décorée d’une promesse non tenue ».
Des études récentes sur l’impact de la pub intrusive confirment ce ras-le-bol. Selon une publication de l’Université de Bologne relayée par ([Source]), ces formats réduisent la satisfaction, augmentent la frustration et nuisent à la fidélité au service. Mais qui écoute les chercheurs et chercheuses quand les actionnaires parlent plus fort ?
Alors, quelle issue ? La réponse tient en trois mots : « contrat de confiance ». Si une plateforme veut imposer de la pub en direct, elle doit l’annoncer clairement, offrir une alternative réelle, et respecter les engagements initiaux. Sinon, c’est simple : on zappe. Ou mieux encore : on en parle, on s’organise, on exige.
Car non, voir le Tour de France, ce n’est pas seulement admirer des mollets bien huilés et des cols mythiques. C’est partager une mémoire, une ferveur, une intensité. Qu’on ne vienne pas la découper en tranches pour y glisser « la crème solaire qui protège mieux que les échappées ». À ce prix-là, autant éteindre l’écran et ressortir le vélo.








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