Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

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Quand Le Couple N’Implique Pas La Clé Du Même Appartement

Quand Le Couple N’Implique Pas La Clé Du Même Appartement

Réflexion Sur Les Relations Non Cohabitantes, L’autonomie Affective Et L’amour Librement Choisi

Je suis célibataire, par choix de vie. Ce n’est ni un accident, ni un repli. C’est une décision éclairée, cultivée au fil de mes expériences et de mes valeurs. J’aime ma liberté, mes silences, mes rythmes personnels. J’aime aussi aimer, intensément, mais pas au prix de l’effacement de soi. Cette posture m’a conduite à m’interroger sur ce que signifie être en couple aujourd’hui. Est-ce forcément vivre sous le même toit ? Partager le frigo et les chaussettes ? Ou peut-on aimer sans cohabiter, sans fusion, sans concession sur son espace vital ?

Certain·e·s diront que l’amour se prouve au quotidien. Et pourtant, ce même quotidien peut parfois user les liens les plus sincères. « L’intimité véritable commence là où finit l’obligation », écrivait Simone Weil. Il y a dans cette phrase quelque chose qui me parle profondément. Car je crois que c’est dans le choix renouvelé d’aimer – et non dans l’habitude ou la promiscuité forcée – que se construit la solidité d’un lien.

Les relations non conventionnelles, en particulier celles où chacun·e conserve son propre lieu de vie, ne sont pas nouvelles. Mais elles deviennent visibles, voire revendiquées. Ce modèle, souvent qualifié de LAT (Living Apart Together), permet de concilier lien affectif et indépendance structurelle. Ce n’est pas une solution magique, ni un repli sur soi. C’est un équilibre en mouvement. Un arrangement qui peut préserver le désir, permettre à chacun·e de respirer, de créer, d’exister en dehors du rôle d’époux·se ou de colocataire affective.

J’ai observé autour de moi des couples qui, malgré l’amour, se sont délités dans la cohabitation. Le partage des tâches, la gestion des espaces communs, les compromis sur les habitudes de vie sont autant de frictions qui, accumulées, pèsent lourd sur le lien amoureux. Et souvent, la charge mentale se répartit inégalement. Je suis frappée de voir combien de femmes, en particulier, s’épuisent à concilier amour, soin et logistique, sans même s’en rendre compte. Vivre à part, dans certains cas, rétablit une forme d’équité et permet de réajuster la relation à partir de ce qui nous fait du bien.

Ce mode de relation est aussi une réponse à un besoin essentiel : celui de solitude. Pas la solitude de l’isolement, mais celle du recentrement. J’ai besoin de mes temps morts, de mes nuits silencieuses, de mes espaces désencombrés. Et je ne suis pas seule à ressentir cela. Dans une société où tout pousse à la fusion, il me semble précieux de défendre la coexistence sans la confusion.

Évidemment, cette manière d’aimer ne convient pas à toustes. Certain·e·s trouveront dans le partage quotidien un refuge, un appui. Je le respecte pleinement. Mais je crois que nous avons aujourd’hui la possibilité de nous affranchir des normes imposées pour créer des modèles sur-mesure. Des relations choisies, renouvelables, dialoguées. Non par peur de l’engagement, mais par goût du lien vivant.

À travers ce regard, j’invite chacun·e à reconsidérer ce que signifie « réussir » sa vie amoureuse. Est-ce construire ensemble des murs, ou bâtir un espace commun invisible mais solide, où chacun·e peut rester soi ?


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