Une Réflexion Vivante Sur La Liberté, Les Limites Et La Responsabilité
Je me souviens encore de ce jour où, face à une boîte de chocolats, j’ai prononcé la phrase la plus fataliste de ma vie : « Ce n’est pas moi qui choisis, c’est le destin ». Bon, c’était une excuse pour ne pas prendre le dernier praliné, mais au fond, n’est-ce pas ce que nous faisons toustes quand la vie nous secoue un peu trop fort ? On appelle ça le destin, la malchance, le karma, ou dans les cas plus littéraires, « les vents contraires ».
Et pourtant, si je suis honnête, la plupart du temps, ce n’est pas le destin qui décide si je change de job, si je reprends contact avec quelqu’un, ou si je me réinvente. C’est moi. Moi avec mes hésitations, mes justifications brillamment absurdes, mes peurs en robe de gala. Et c’est précisément là que les choses deviennent sérieuses – et légèrement drôles, il faut bien l’admettre.
Parce qu’il y a ce grand mythe de la liberté : « Tu es libre, fais ce que tu veux ». Vraiment ? Dans les faits, je suis libre de me lever à 5 h pour méditer, lire et écrire… mais ma couette semble souvent avoir signé un pacte avec mon inconscient. On parle ici de ces fameuses limites auto-imposées, celles qui ne sont ni sociales, ni économiques, ni même temporelles. Ce sont celles qu’on dresse dans nos têtes, en béton armé de croyances limitantes.
Ce qui m’a frappée en explorant ce sujet, c’est cette idée partagée par le psychiatre Viktor Frankl : « L’être humain est celui qui invente le sens de sa vie, même dans les pires circonstances ». Et ça m’a bousculée. Parce que si même au cœur d’un camp de concentration, quelqu’un a pu choisir une posture intérieure, alors moi, avec mon agenda surchargé et mes petits tracas existentiels, je peux peut-être, moi aussi, choisir une direction.
Et choisir, c’est risqué. On ne le dit pas assez. Choisir, c’est « renoncer à ce qu’on aurait pu être », comme le disait Sartre, le poète des engagements impossibles. C’est dire non à des possibles, c’est parfois se planter, ou se découvrir face à une version de soi qu’on ne connaît pas encore. Mais c’est aussi là, dans ce saut incertain, qu’on s’aligne avec qui l’on est, vraiment.
Je ne prétends pas que tout dépend de nous. Ce serait ignorer les injustices, les chocs, les imprévus qui jalonnent nos existences. Mais il y a un espace, petit mais immense à la fois, entre ce qui nous arrive et ce que nous en faisons. Cet espace-là, c’est celui de la responsabilité. Non pas celle qui pèse et culpabilise, mais celle qui libère. Celle qui dit « je ne suis pas responsable de tout, mais je suis responsable de ce que j’en fais ».
Depuis quelque temps, j’ai décidé d’explorer mes choix autrement. De poser de vraies questions : « Est-ce que je veux vraiment ça, ou est-ce que je me contente de suivre ? ». Et souvent, ces questions m’obligent à aller plus loin que les excuses. À transformer une difficulté en apprentissage, un obstacle en tremplin, une peur en signal d’alarme. Ce n’est pas toujours glorieux, ni spectaculaire. Mais c’est vivant.
Ce que j’en retiens ? Qu’on est rarement libre comme on l’imagine, mais qu’on l’est bien plus que ce qu’on croit. Que la responsabilité n’est pas un fardeau, mais une invitation à danser avec le réel. Et que le destin, ce grand mot fourre-tout, est parfois juste un joli nom pour « ce que je n’ose pas encore affronter ».
Alors si je peux me permettre une dernière question : « Et si, à partir d’aujourd’hui, on reprenait la plume pour écrire notre propre scénario, même avec des ratures ? »







