Les petits billets de Letizia

Un blog pour donner à réfléchir, pas pour influencer… #SalesConnes #NousToutes


Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

, ,

Les Municipales Et L’Écologie

Les Municipales Et L’Écologie

Entre Espoirs Et Défis

Comment Les Écologistes Préparent Leur Avenir Politique Face Aux Alliances Et À L’Urgence Climatique

À chaque élection municipale, je me demande toujours quelle place nous offrons réellement à l’écologie dans nos vies collectives. Ce scrutin, souvent perçu comme secondaire par rapport aux présidentielles ou aux législatives, me paraît au contraire essentiel : c’est à l’échelle locale que se décident nos rues, nos écoles, nos parcs et, finalement, notre quotidien. Les élections municipales sont l’espace où l’écologie quitte le registre du discours pour s’incarner dans des choix concrets, visibles et parfois controversés.

En 2020, des villes comme Strasbourg, Lyon ou Bordeaux ont basculé dans le giron écologiste. Ces conquêtes ont été saluées comme des victoires historiques, mais elles se révèlent aujourd’hui fragiles. L’écologie au pouvoir doit démontrer qu’elle ne se réduit pas à des symboles : elle est attendue sur sa capacité à gérer la mobilité, le logement, la sécurité urbaine et la transformation énergétique. Les critiques fusent, parfois justifiées, parfois exagérées. Pourtant, je crois que c’est précisément dans cette fragilité que réside la force de l’expérience : gouverner, c’est accepter le risque, mais aussi offrir la preuve que des alternatives existent.

Les écologistes ne peuvent pas seulement se contenter de préserver leurs bastions. Pour grandir, ils doivent conquérir de nouvelles villes, ce qui exige bien plus qu’un bon programme. Il s’agit d’instaurer une relation de confiance avec les habitant·e·s, de parler un langage partagé, de montrer que l’écologie n’est pas une affaire de militant·e·s isolé·e·s mais une promesse de bien-être collectif. Quand une école devient plus fraîche grâce à des arbres plantés, quand un quartier retrouve de la vie parce qu’on a limité la circulation, cela parle à tout le monde, bien au-delà des électorats acquis.

Reste la question des alliances. Comment unir des forces de gauche qui partagent des valeurs proches mais des stratégies divergentes ? L’écologie n’a pas vocation à être un simple appoint dans des coalitions dominées par le Parti socialiste ou La France insoumise ; elle doit incarner une boussole. Cela suppose de poser des socles non négociables : la rénovation thermique, la lutte contre les îlots de chaleur, les mobilités douces, la justice environnementale. Mais cela suppose aussi de garder une souplesse tactique, pour éviter l’éclatement et le risque de triangulations.

Les dilemmes locaux révèlent toute la complexité de ce choix. À Montpellier par exemple, l’idée de s’allier avec des dissidences de gauche contre le maire socialiste en place pose question. Est-ce un simple calcul électoral ou une manière de réaffirmer une identité ? Je trouve dans ces situations un miroir de nos contradictions intimes : voulons-nous avant tout gagner ou transformer en profondeur ? L’écologie politique doit répondre à cette question avec courage, au risque de bousculer les certitudes.

Au-delà des municipales, se profile déjà la présidentielle de 2027. Ce qui se joue dans les villes ne sera pas qu’un bilan local ; ce sera une démonstration de crédibilité nationale. L’urgence climatique ne nous laisse pas le luxe d’attendre. Les vagues de chaleur inédites de cet été, les incendies qui ravagent nos forêts, la sécheresse qui frappe nos campagnes nous rappellent à l’ordre : l’écologie doit prouver qu’elle sait gérer ici et maintenant, tout en portant une vision à long terme. Comme le rappelait Hannah Arendt, « l’action est la seule capacité humaine qui permette d’interrompre le cours automatique des choses ».

Mais encore faut-il que ce message passe. Je suis convaincue que la communication des écologistes doit quitter le registre de l’alerte catastrophiste pour entrer dans celui du partage d’expériences. Rien n’est plus convaincant qu’un récit incarné : un·e parent qui témoigne de la baisse de la facture énergétique grâce à une école rénovée, un·e habitant·e qui retrouve la fraîcheur dans sa rue ombragée, un·e artisan·e qui bénéficie de nouveaux marchés liés à la transition écologique. Ce sont ces histoires simples qui donnent chair à une promesse.

En observant ce moment politique, j’en retire une impression forte : l’écologie est à la croisée des chemins. Elle doit convaincre sans se renier, gouverner sans s’user, rassembler sans se diluer. La tâche est immense, mais elle ouvre une chance historique : celle de montrer que la politique n’est pas condamnée à gérer la pénurie et la peur, mais qu’elle peut être une fabrique de solutions concrètes et justes.

Je m’interroge souvent : jusqu’où sommes-nous, collectivement, prêts à faire de l’écologie une pratique quotidienne, et non plus seulement une promesse ? Peut-être est-ce là la véritable question des municipales à venir, et celle à laquelle chacun·e de nous peut commencer à répondre dans son quartier, son immeuble, sa rue. L’avenir de nos villes dépend de ce choix.

Références utilisées

– Le Monde, articles politiques sur les municipales et les alliances de gauche

– France Culture, émissions sur l’écologie politique et les enjeux locaux

– Météo-France, rapports climatiques 2025

– Ifop, sondages sur les attentes citoyennes à l’approche des municipales

– Assemblée nationale et Sénat, débats sur les réformes électorales locales


En savoir plus sur Les petits billets de Letizia

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire