Les petits billets de Letizia

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Défendre L’Intégrité Du Sport Féminin

Défendre L’Intégrité Du Sport Féminin


Réflexion Sur Les Tests Génétiques Imposés Par World Athletics

Lorsque j’ai appris que World Athletics imposerait à partir de septembre 2025 un test génétique pour dépister la présence du gène SRY, j’ai ressenti un soulagement. Enfin, une décision forte pour protéger la catégorie féminine et garantir une compétition plus juste. Trop souvent, des polémiques ont éclaté autour d’athlètes présentant une musculature et des caractéristiques biologiques typiquement masculines. Je crois profondément qu’il n’est pas normal de concourir dans la catégorie féminine quand on bénéficie d’avantages physiologiques liés au chromosome Y.

Il est vrai que ces tests rappellent les anciens contrôles de « féminité » pratiqués dans les années 1960 à 1990. Mais contrairement à cette époque, il ne s’agit plus de suspicion arbitraire ni d’humiliation publique. Aujourd’hui, la science permet d’apporter une réponse simple et définitive : savoir si une personne possède le gène SRY. Ce test, une fois réalisé, n’a pas à être répété et ne vise pas à stigmatiser, mais à protéger l’équité entre sportives. Il s’agit d’un outil de régulation, non d’une atteinte à la dignité.

Sur le plan éthique, je comprends les inquiétudes exprimées par certains observateurs, notamment en matière de vie privée. Mais il faut trouver un équilibre : protéger le sport féminin exige des règles claires. Pour moi, respecter les sportives, c’est aussi leur offrir un cadre de compétition équitable, où chacune sait que ses adversaires partagent les mêmes conditions biologiques de départ. Comme le disait Jean-Jacques Rousseau, « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ». Préserver la liberté de concourir pour toutes suppose de tracer des limites justes.

Scientifiquement, le gène SRY ne résume pas à lui seul la performance, mais il est un marqueur déterminant de différenciation sexuelle. De nombreux spécialistes reconnaissent que la présence d’un chromosome Y entraîne des effets hormonaux et musculaires irréversibles, même après traitement. Ignorer cette réalité biologique, c’est risquer de créer une inégalité flagrante. À l’inverse, utiliser la génétique comme garde-fou ne signifie pas nier la diversité humaine, mais établir une ligne claire afin que la compétition reste crédible.

Les conséquences sociétales de cette mesure sont évidemment discutées. Les personnes transgenres et non-binaires y voient parfois une exclusion. Mais il me semble que le sport compétitif repose sur des catégories structurées, et que sans distinction biologique, celles-ci perdent leur sens. Le danger n’est pas de renforcer des stéréotypes, mais de laisser s’installer une confusion qui pénaliserait avant tout les femmes nées sans avantages génétiques liés au chromosome Y. « Protéger le sport féminin, c’est refuser qu’il devienne un espace où seules celles qui disposent d’un patrimoine génétique masculin puissent briller ».

Cela ne signifie pas qu’il faille fermer la porte à toute évolution. Je suis favorable à la réflexion sur des catégories ouvertes ou mixtes, qui offriraient des alternatives inclusives. De plus, les instances sportives devraient continuer à investir dans la lutte contre le dopage, le harcèlement et les violences institutionnelles. Mais ces combats ne doivent pas occulter l’essentiel : préserver un espace compétitif spécifiquement féminin, sans confusion ni tricherie involontaire.

En définitive, je crois que science et éthique doivent se conjuguer. Le sport a besoin de règles solides, compréhensibles et acceptées. Défendre la catégorie féminine, c’est défendre la justice sportive, et c’est aussi affirmer que l’égalité n’existe que si les règles tiennent compte de la réalité biologique. Refuser le test SRY reviendrait à renoncer à protéger les sportives elles-mêmes.

Références

– World Athletics, communiqué officiel du 30 juillet 2025

– Le Monde, « Les tests génétiques exigés par World Athletics se heurtent à la législation française », 15 août 2025

– L’Équipe, « Illégal en France, le test… pourra être passé au Japon », 29 août 2025

– Reuters, « New gene tests system in disarray ahead of world championships », 15 août 2025

– Huffington Post France, synthèse critique sur le test SRY, 31 août 2025


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