Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

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Quand Notre Assiette Joue Avec Nos Chances De Devenir Parent·e·s

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Réflexion personnelle sur les aliments ultra-transformés et leur impact silencieux sur la fertilité masculine

Je me souviens encore du jour où j’ai lu les résultats d’une étude récente sur les aliments ultra-transformés. Je ne m’attendais pas à ce que quelques semaines seulement d’une telle alimentation puissent déjà marquer le corps masculin au point d’altérer ses hormones sexuelles et la qualité potentielle de ses spermatozoïdes. J’ai ressenti à la fois de l’inquiétude et une sorte de révolte douce. Comment en est-on arrivé·e·s à ce que des produits du quotidien, aussi banals qu’un biscuit emballé ou une boisson aromatisée, puissent peser sur l’intimité et les projets de vie de tant de personnes ?

« Les calories ne se valent pas toutes », affirmait l’un des chercheurs à l’origine de cette expérience menée auprès d’hommes jeunes et en bonne santé. En quelques semaines, une alimentation riche en produits ultra-transformés a entraîné une prise de masse grasse et une baisse mesurable de certaines hormones clés. Ces données, issues d’un essai clinique rigoureux, font écho à d’autres travaux qui montrent des tendances similaires : concentration et mobilité des spermatozoïdes diminuées, stress oxydatif accru, exposition aux perturbateurs endocriniens via les emballages et additifs. Cela dessine peu à peu les contours d’un problème de santé publique trop longtemps sous-estimé.

Je ne peux pas m’empêcher de penser à toutes les personnes qui, aujourd’hui, tentent de concevoir un enfant et qui vivent ce chemin parfois long et semé de doutes. Derrière les chiffres froids, il y a des attentes, des joies, mais aussi des blessures invisibles. Nous savons désormais que ces aliments trop transformés n’agissent pas seuls : la pollution ambiante, certains modes de vie sédentaires, le surpoids ou l’exposition répétée aux plastiques et phtalates viennent ajouter des couches de risque.

Il serait injuste et simpliste de rejeter toute la responsabilité sur les individus. Notre environnement alimentaire est construit pour nous orienter vers ce qui est rapide, bon marché et intensément savoureux. Pourtant, je crois profondément que nous avons un pouvoir, même modeste, à exercer. Pour ma part, j’ai commencé à lire les étiquettes avec une attention nouvelle, à cuisiner davantage, à privilégier des produits bruts ou peu transformés. Ce n’est pas toujours facile, mais chaque geste compte : choisir un bocal en verre plutôt qu’un plastique, préparer un plat maison plutôt qu’un plat prêt à réchauffer, c’est déjà une forme de soin envers soi et celles et ceux que l’on aime.

Mais la transformation ne peut pas être que personnelle. Les autorités de santé françaises l’ont rappelé : des politiques plus protectrices sont nécessaires. Meilleur étiquetage, limitation de la publicité ciblant les plus jeunes, soutien aux filières locales moins industrialisées… autant de leviers qui devraient devenir prioritaires dans les prochaines années. Les industriels et les gouvernements ont une responsabilité immense, car ce qui est en jeu dépasse largement la seule fertilité : c’est l’avenir démographique et la qualité de vie des générations à venir.

J’ai conscience que ce sujet peut sembler lourd. Pourtant, je l’aborde avec espoir. Parce que nous sommes de plus en plus nombreuses et nombreux à nous informer, à questionner nos habitudes et à vouloir transmettre autre chose que des statistiques préoccupantes. Comme l’écrivait Albert Camus : « La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent ». Peut-être que notre présent, c’est justement d’oser interroger notre assiette pour offrir demain un peu plus de lumière aux projets de vie que nous chérissons.

Références utilisées :

– Essai clinique sur l’alimentation ultra-transformée et la fertilité masculine (Cell Metabolism, 2025).

– ANSES, Avis sur les aliments ultra-transformés, 19 novembre 2024 (actualisé janvier 2025).

– Étude observationnelle Valle-Hita C. et coll., 2024.

– INSERM, Dossier « Fertilité masculine », 28 avril 2023.


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