Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

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Les Transformations De L’Amour Chez La Génération Z

Les Transformations De L’Amour Chez La Génération Z

Et De La Politique Aussi !

Comprendre Les Nouvelles Manières D’Aimer Et De S’Engager

Depuis quelque temps, je ressens le besoin de poser un regard attentif sur les jeunes générations. Leurs façons d’aimer, de s’engager et de revendiquer leur liberté m’interpellent profondément. Je crois que ces transformations ne relèvent pas d’un simple effet de mode, mais bien d’une mutation profonde de notre rapport à l’intime et au politique. C’est dans cette perspective que je souhaite explorer les grands changements qui traversent la génération Z, en articulant mes valeurs de liberté, d’égalité et de dignité.

La première chose qui saute aux yeux est la baisse notable de l’activité sexuelle et du désir de couple. Ce phénomène, que certain·e·s appellent « récession sexuelle », traduit en réalité une fatigue plus globale. Beaucoup de jeunes adultes expriment leur anxiété, leur surcharge mentale et leur difficulté à concilier études, travail et relations. Les attentes sociales et intimes semblent parfois si lourdes que le célibat devient un espace de respiration. Là où il était autrefois perçu comme une anomalie, il s’affirme désormais comme une option crédible, voire revendiquée.

Je suis frappée par la manière dont les jeunes femmes, en particulier, affirment leur choix de rester célibataires si les conditions d’une relation ne leur garantissent pas le respect ou l’égalité. Ce renversement de perspective me paraît essentiel : il ne s’agit pas d’un rejet de l’amour, mais d’une exigence de qualité dans les liens. Comme l’écrivait Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme, on le devient ». Ce rappel me semble toujours actuel : on ne naît pas en couple, on le choisit, et ce choix peut être celui de la liberté individuelle.

Mais ces dynamiques intimes ne peuvent pas être comprises sans évoquer les fractures politiques qui traversent la jeunesse. Les analyses récentes montrent un clivage frappant : les jeunes femmes tendent à s’orienter vers des positions progressistes, tandis qu’une partie des jeunes hommes se rapprochent de discours plus conservateurs. Ces divergences de valeurs ne restent pas cantonnées à l’espace public : elles entrent au cœur des relations, parfois jusqu’à provoquer des tensions irréconciliables. J’ai souvent l’impression que la table du dîner ou la conversation sur une application de rencontre devient un terrain de lutte idéologique.

Ce clivage nourrit aussi ce que certain·e·s nomment « hétéropessimisme ». Derrière ce terme, je perçois une lassitude : celle de voir perdurer les inégalités, les charges mentales déséquilibrées ou le manque d’écoute dans les couples hétérosexuels. Pour les femmes, cette lassitude peut mener à une volonté de se protéger, en refusant d’entrer dans des relations vécues comme coûteuses. Pour certains hommes, c’est parfois le sentiment de ne plus trouver leur place dans un monde où les rapports de pouvoir sont remis en question.

À cela s’ajoute l’influence massive du numérique. Les applications de rencontre, omniprésentes, offrent une infinité d’options mais instaurent aussi de nouvelles formes de hiérarchies. Elles facilitent les rencontres, tout en renforçant des pratiques blessantes comme le ghosting. Je vois dans cette ambivalence le reflet d’une génération partagée entre l’ouverture des possibles et le risque d’un désenchantement accéléré.

Alors, vers quoi se dirige la génération Z ? J’ai le sentiment qu’elle expérimente une pluralité de chemins. Certain·e·s aspirent encore au couple durable, mais beaucoup valorisent des formes relationnelles plus négociées, plus explicites, parfois plus courtes. L’essentiel n’est plus la conformité à une norme, mais la capacité à choisir son propre modèle. Cela ne signifie pas la fin de l’amour, mais une redéfinition de ses contours, autour de la liberté et de l’égalité.

En observant ces évolutions, je retiens une leçon : la génération Z ne rejette pas l’amour, elle invente d’autres manières de l’habiter. Cette invention n’est pas exempte de tensions, mais elle témoigne d’un désir profond de cohérence entre valeurs, engagements et relations. Je crois que cette quête mérite d’être entendue, car elle nous oblige, nous aussi, à interroger notre rapport à l’intime.

Et vous, que voyez-vous dans ces transformations ? Y reconnaissez-vous des expériences qui vous entourent ou des choix que vous avez faits vous-mêmes ? Ce débat est le nôtre, parce qu’il engage la manière dont nous voulons aimer, aujourd’hui et demain.


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