Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

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L’Invasion Des Rats Dans Nos Villes

L’Invasion Des Rats Dans Nos Villes

Symptôme D’un Système À Réparer

Quand Nice Se Regarde Dans Le Miroir Des Rues

Je vais vous dire une chose : quand j’ai lu dans Slate que nos villes grouillaient de rats, j’ai ressenti un mélange de surprise et de tristesse. « Mais enfin, chez nous, sur la Promenade des Anglais, comment est-ce possible ? » Ah, fada ! On imagine les touristes dégustant une socca bien dorée, et dans le même temps, ces rongeurs qui s’invitent dans nos ruelles du Vieux-Nice. Et pourtant, ce n’est pas une légende urbaine. Les rats sont bel et bien là, et ils nous tendent un miroir de notre manière de vivre, de consommer, de gérer nos villes.

Je n’ai pas envie de céder à la peur ni à la honte. Les rats ne sont pas coupables par nature. Ils profitent simplement des conditions que nous leur offrons. Déchets mal triés, poubelles qui débordent, chantiers à répétition qui ouvrent des refuges improvisés. « Ce n’est pas leur faute si nous laissons un buffet à volonté en bas de chez nous ». Et derrière cette image, il y a une responsabilité collective : celle des collectivités, qui parfois tardent à agir, et celle de chacun·e de nous, qui jetons un sac mal fermé ou oublions que nos rues sont un bien commun.

Le réchauffement climatique ajoute sa touche. Des hivers plus doux, des étés plus longs : les rats se reproduisent plus vite, survivent mieux et s’aventurent désormais sans crainte. Une étude récente montre même que la hausse des températures dans les grandes villes s’accompagne d’une augmentation significative des populations de rats. « Quand le climat change, la faune s’adapte plus vite que nous ». Et ici, au bord de la Méditerranée, cette réalité devient de plus en plus visible.

Les scientifiques nous alertent aussi sur leur capacité d’adaptation biologique. Les poisons qui marchaient hier ne suffisent plus aujourd’hui : les rats développent des résistances génétiques aux anticoagulants. Et puis, soyons honnêtes, empoisonner massivement ne résout rien. On les tue d’un côté, ils reviennent de l’autre. On assiste parfois à ce que les chercheurs et chercheuses appellent un « rebond démographique ». On pourrait rire jaune en pensant à un Carnaval où les rats, masqués, reviennent danser dès la musique lancée.

Alors que faire ? Les alternatives émergent. On parle de contraceptifs oraux qui limitent les naissances sans brutalité. Ces solutions ne sont pas magiques, elles demandent du suivi et un engagement long. Mais elles ouvrent une voie plus éthique. Moi, j’y vois une forme de respect, une manière de rappeler que même dans la lutte, on peut garder une certaine humanité. Car au fond, « la bienveillance ne s’arrête pas aux portes de nos égouts ».

Au-delà des techniques, il y a ce que nous faisons ensemble. À New York, des initiatives communautaires ont prouvé leur efficacité : fermer les poubelles, sensibiliser les habitant·e·s, impliquer les voisin·e·s dans la vigilance quotidienne. À Nice, nous pourrions inventer nos propres pratiques, ancrées dans notre culture locale. Imaginez des ateliers citoyens dans le quartier du Port, des campagnes de sensibilisation pendant le Carnaval, ou même des panneaux pédagogiques le long de la Coulée Verte.

Car les infestations ne sont pas qu’une question d’hygiène ou de santé publique. Elles touchent nos émotions, notre rapport au quartier, notre sentiment de fierté. Qui n’a pas déjà ressenti un pincement au cœur en croisant un rat filer le long des galets ? Moi, ça m’a d’abord donné honte. Et puis j’ai compris que cette honte, il fallait la transformer en force. « On ne se libère pas de la peur en la cachant, mais en la partageant et en agissant ».

Je crois profondément qu’il est temps de changer notre regard. Les rats ne sont pas le problème en soi, ils sont le symptôme d’un système qui craque : urbanisation mal pensée, climat qui se réchauffe, déchets mal gérés, lien social fragilisé. Réparer ce système, c’est l’affaire de toutes et de tous. Et si, demain, nous pouvions dire en partageant une part de pissaladière : « Dans notre ville, les rats n’ont plus leur festin », alors oui, ce serait une victoire collective, une victoire de cœur et de raison.


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