Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

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Le Naufrage D’Une Présidence Sans Cap

Le Naufrage D’Une Présidence Sans Cap

Macron Face À son Échec

Quand Le Pouvoir S’Obstine Et Que La Démocratie S’Étiole

Il y a des silences qui crient plus fort que des discours. Celui d’Emmanuel Macron, depuis la démission de Sébastien Lecornu, résonne comme un vide politique assourdissant. « Un président sans cap, un pays sans boussole » : voilà le triste résumé d’une crise institutionnelle qui n’en finit plus d’étouffer la Ve République.

Tout a commencé par un coup de dés, un pari que le chef de l’État croyait « stratégique » : la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024. Ce geste, censé redonner un souffle démocratique, n’a produit qu’un ouragan. La majorité présidentielle s’est effondrée, laissant place à une mosaïque parlementaire ingouvernable. Les électeurs ont sanctionné l’arrogance du pouvoir, lassés d’une verticalité sourde à leurs colères. Résultat : la France est devenue une démocratie suspendue, paralysée entre deux pulsations – celle de l’exaspération populaire et celle d’un pouvoir crispé.

Puis vint Lecornu, le soldat loyal, propulsé Premier ministre dans une atmosphère de fin de règne. Sa mission : sauver l’invivable, tenir l’intenable. Il n’aura tenu que quelques semaines. Sa démission, le 6 octobre 2025, n’est pas seulement un acte administratif ; c’est le symbole éclatant d’un pouvoir qui se vide de sa substance. « Un navire sans équipage, un capitaine qui s’enferme dans la cabine » : ainsi va le macronisme en 2025.

Et maintenant ? Deux options. Deux abîmes. Une nouvelle dissolution ? Ce serait rejouer le désastre de 2024, offrir le pays au Rassemblement national sur un plateau. Une démission présidentielle ? Ce serait reconnaître l’échec d’un modèle tout entier, celui d’un président-monarque enfermé dans son propre palais mental. Emmanuel Macron n’a plus de majorité, plus de relais, plus de souffle. Il ne lui reste qu’un pouvoir nu, presque spectral.

Pendant ce temps, le Rassemblement national aiguise ses armes. Le parti se structure, se banalise, s’impose comme alternative par défaut. « Quand la République se fatigue, l’extrême droite s’entraîne » : la formule n’a jamais été aussi juste. Et l’Europe observe, inquiète, la démocratie française chanceler sur ses fondations.

Ce n’est plus seulement une crise politique ; c’est une crise morale. Celle d’une présidence qui a confondu autorité et autoritarisme, volontarisme et aveuglement. Emmanuel Macron a voulu gouverner seul ; il se retrouve désormais seul, face à l’histoire. Le tragique de sa situation ne vient pas de la fatalité, mais de l’orgueil.

Je suis en colère. En colère contre cette manière de traiter la République comme une propriété privée. En colère contre cette mise en scène du pouvoir où tout est communication et presque plus rien conviction. La France mérite mieux que ce théâtre d’épuisement démocratique.

Alors, oui, il est temps de nommer les choses. Ce n’est pas un simple accident de parcours, c’est la conséquence d’un mépris du réel. « Quand le peuple se tait, le pouvoir délire ». Il est urgent que la France retrouve le goût du collectif, du dialogue, du courage politique – celui qui ne se décrète pas depuis un pupitre de l’Élysée, mais se construit dans l’écoute et la décence.

Aujourd’hui, la Ve République tremble. Elle attend qu’on la relève, qu’on la réforme, qu’on la respire à nouveau. Mais encore faut-il que celui ou celle qui la préside ose regarder le pays en face.


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