Entre Paralysie Politique Et Spectre Des Extrêmes
Analyse des Failles Institutionnelles et de l’Urgence d’un Réveil Éthique pour Sauver la République
Je me souviens du 9 juin 2024 comme d’un séisme politique. « Dissolution de l’Assemblée nationale », annonçait le Président, d’une voix calme, presque clinique. Mais ce geste, censé raviver la flamme démocratique, a fini par souffler sur les braises d’une République déjà à bout de souffle. Aujourd’hui, la France chancelle. Non pas faute de lois, mais faute d’âme.
Les dirigeant·e·s politiques semblent pris·e·s dans une torpeur arrogante. « Gouverner » est devenu un mot creux, vidé de toute noblesse. Les partis dits de gouvernement se disputent comme des héritiers fatigués autour d’un trône fissuré. On ne parle plus de vision, mais de calcul. Plus de courage, mais de communication. Les alliances se font et se défont au gré des sondages, tandis que le pays, lui, s’enlise. Cette incapacité à coopérer, à bâtir un consensus minimal, ronge lentement les fondations de la confiance citoyenne.
La dissolution de 2024 devait être un sursaut. Elle s’est révélée un effondrement. J’y ai vu une manœuvre désespérée, une fuite en avant maquillée en audace. Le résultat ? Un Parlement éclaté, une gouvernabilité en lambeaux, un exécutif pris au piège de sa propre stratégie. Ce que les juristes appellent une « crise institutionnelle », je l’appelle une faillite morale. Parce qu’au-delà des chiffres et des décrets, c’est la parole publique qui s’est brisée. Le peuple ne croit plus. Il endure. Il s’abstient. Ou pire, il se venge dans les urnes.
Car oui, pendant que la République se regarde tomber, l’extrême droite s’installe, patiemment, méthodiquement. Elle prospère sur les ruines du débat. Elle s’empare des colères, des humiliations, des vies précaires. Elle n’a pas pris le pouvoir par la force, mais par le vide. Ce vide que les élites ont laissé grandir en désertant le réel. Et pendant qu’on disserte sur la « dédiabolisation », les murs de la maison commune se fissurent.
Certain·e·s appellent à une VIe République. Je n’en suis pas sûre. Ce n’est pas la Constitution qui manque d’air, ce sont celleux qui la font vivre. Le texte est solide ; les cœurs, eux, le sont moins. Il faudrait surtout réapprendre la droiture, le sens du sacrifice et la grandeur d’âme. Trois vertus devenues presque subversives dans un monde politique où l’on préfère le cynisme à la conviction.
Je refuse de croire que la France soit condamnée à ce suicide collectif. Il existe encore des voix lucides, des citoyen·ne·s debout, des mains tendues. Mais il faut un réveil. Un vrai. Pas une campagne de communication, pas un énième comité de réflexion. Une secousse éthique, une révolution du courage. Sans cela, notre démocratie mourra non pas d’un coup d’État, mais d’un lent renoncement. Et cette fois, personne ne pourra dire : « Nous ne savions pas ».








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