Les petits billets de Letizia

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Je ne peux rien enseigner à personne, Je ne peux que les faire réfléchir. (Socrate 470/399 A.JC)

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Repenser La Dette Publique Comme Un Outil De Bien-Être

Repenser La Dette Publique Comme Un Outil De Bien-Être

Quand L’économie Rencontre Le Bonheur Collectif

Et Si La Dette Devenait Un Investissement Pour Vivre Mieux ?

Je me souviens d’un cours d’économie où l’on m’a appris que la dette publique devait avant tout être maîtrisée. On nous répétait que son niveau, exprimé en pourcentage du PIB, mesurait la santé d’un pays. Avec le temps, j’ai compris que cette vision était trop réductrice. La dette, comme tout outil, dépend de l’usage qu’on en fait. Si elle finance des projets qui améliorent réellement la vie des gens, alors elle peut devenir un levier de progrès humain plutôt qu’un simple fardeau comptable.

La France consacre une part considérable de ses ressources à la santé, à l’éducation ou aux infrastructures. Pourtant, beaucoup de citoyen·ne·s ressentent un décalage entre l’ampleur de la dépense publique et la qualité des services reçus. Ce paradoxe nourrit la méfiance. La question n’est donc plus seulement « combien dépense-t-on ? » mais « pourquoi et avec quel impact sur notre bien-être collectif ? »

Le PIB reste l’indicateur de référence, mais il mesure avant tout la production, pas la qualité de vie. Lorsque je vois des investissements massifs dans des projets à faible valeur sociale, je ne peux m’empêcher de penser que nous passons à côté de l’essentiel. D’autres indicateurs existent : ceux de l’OCDE, du rapport Stiglitz-Sen-Fitoussi ou encore les tableaux de bord de l’INSEE. Ils intègrent la santé, le lien social, l’environnement ou la satisfaction de vie. Ces outils traduisent mieux ce qui compte vraiment pour nous : vivre dans une société équilibrée, où chacun·e peut se sentir en sécurité et reconnu·e.

Je crois qu’il faut réhabiliter une idée simple : une dette publique bien utilisée est une promesse envers l’avenir. Investir dans la petite enfance, la prévention en santé mentale, la formation ou la transition écologique crée du bien-être durable. Les études le montrent : ces politiques offrent souvent un rendement social supérieur à d’autres dépenses plus visibles mais moins utiles. En d’autres termes, chaque euro emprunté pour soutenir la cohésion sociale ou l’éducation produit davantage de bonheur collectif qu’un euro dépensé ailleurs.

Mais encore faut-il que la confiance suive. Dans un pays où la défiance envers les institutions reste élevée, beaucoup voient la dette comme une charge plutôt qu’un outil. Restaurer cette confiance suppose de rendre les décisions publiques lisibles et évaluables. On pourrait, par exemple, mesurer les retombées sociales d’un projet en années de bien-être gagnées, comme on mesure l’espérance de vie en santé. Ce type de mesure, déjà expérimenté dans certains pays, redonne du sens à la dépense publique.

Je suis convaincue qu’il est temps de dépasser la peur du mot « dette » pour lui redonner sa vraie fonction : celle d’un investissement dans la qualité de vie. À condition d’en faire un instrument de justice et de solidarité, et non un simple outil de gestion budgétaire. Repenser la dette publique, c’est aussi repenser ce que nous voulons être comme société.


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